Le Montréalais Hisham Saadi, qui a menacé de faire exploser une bombe à l'Université Concordia l'an dernier pour éviter de passer un examen, a été reconnu coupable jeudi d'incitation à craindre des activités terroristes au palais de justice de Montréal.

Publié le 21 juin 2018
Louis-Samuel Perron LA PRESSE

L'homme de 48 ans avait admis au début de son procès cet hiver être l'auteur des lettres de menaces envoyées aux médias montréalais le 1er mars 2017. Cette «lettre d'avertissement» aux étudiants musulmans avait provoqué un branle-bas de combat au centre-ville de Montréal.

Hisham Saadi menaçait de faire «exploser quotidiennement de petits engins artisanaux amateurs» aux trois étages de l'Université Concordia «où les musulmans passent leur temps». L'université avait été évacuée pendant presque toute la journée, mais les policiers n'avaient finalement trouvé aucun explosif.

«Ils ne peuvent pas causer la mort. Juste des blessures pour quelques musulmans. Des non-musulmans peuvent être des dommages collatéraux. Si Concordia décide d'intervenir les activités musulmanes on va désactiver les engins explosifs», indiquait la lettre anonyme. 

Hisham Saadi voulait simplement éviter de passer un examen d'économie ce jour-là. « Je m'excuse pour tout ce qui s'est passé, si j'avais la chance de reculer en arrière et tout effacer, je le ferais », a-t-il déclaré à la sortie de la salle, selon The Gazette.

Le procès avait été interrompu après la conclusion de la preuve de la Couronne en février dernier à la suite d'une demande d'évaluation psychiatrique de la défense. À la reprise du procès jeudi matin, l'avocate de la défense Caroline Braun n'a présenté aucune défense. La juge Mélanie Hébert a ainsi déclaré l'accusé coupable d'incitation à craindre des activités terroristes et a prononcé un arrêt conditionnel sur les deux autres chefs moindres de méfaits et de menaces. 

Les observations sur la peine à imposer auront lieu cet automne.