Un internaute montréalais qui avait menacé sur Facebook de commettre un acte terroriste et qui s'était présenté à la manifestation contre le Sommet de l'éducation supérieure avec du matériel incendiaire a été condamné mardi à neuf mois de prison, en plus d'être banni pour trois ans des réseaux sociaux sur ordre d'un juge.

Vincent Larouche LA PRESSE

Au palais de justice de Montréal, Denis Marc Pelletier, 29 ans, a plaidé coupable à des accusations d'avoir fait craindre un acte terroriste, d'avoir menacé de causer la mort ou des lésions à «un show de 50 000 personnes» et de possession de matériel incendiaire, soit deux bouteilles remplies d'essence.

Le juge l'a immédiatement envoyé en prison. À la suggestion de la procureure de la couronne Lucie Martineau, il a aussi imposé une sévère probation à Pelletier. En vertu de celle-ci, à sa sortie de prison, il lui sera interdit pour trois ans de bloguer ou d'utiliser Facebook, Twitter, ou tout autre réseau social sur internet.

Le 22 février, le résident de Pointe-aux-Trembles avait lancé une sorte d'avertissement sur sa page Facebook :

«Vous allez bientôt assister au terrorisme 2.0 made in Occident ...camion de livraison piéger, attentat au parlement, des poste policier attaquer par des policier et +++ check ben ca ...je pensait jamais voir ca de ma vie mais oui, vous avez reprocher au motard leurs manque de visou dans leurs attentat...attendez de voir ce qui senvient....quebec je me souviens...exacte tu vas ten souvenir!!! (je suis prophète de malheure et on parle beaucoup des tech...ruine ma job ,je fou des explosif dans un speaker a un show de 50 000 personnes -kamikaze», (sic) a-t-il écrit.

Il avait aussi dénoncé les gens «qui vont aller travailler au lieu de manifester» contre le Sommet de l'éducation. Il faisait référence au caporal Denis Lortie et évoquait l'idée de s'immoler par le feu pour inciter à la révolution.

La Sûreté du Québec, qui avait mis en place une vigie spéciale pour traquer les menaces de violence à l'approche du Sommet, a vite remarqué ses propos. Le 26 février, alors que la Division des enquêtes sur la menace extrémiste était sur sa piste, Pelletier s'est rendu au Square Émilie-Gamelin pour une manifestation contre le Sommet.

Il transportait dans un sac un briquet, une lingette et deux bouteilles de vin d'épicerie Marquis de Méricourt vidées de leur contenu et remplies d'essence.

Lorsqu'il a senti la pression monter en raison de la présence policière, il a brisé les bouteilles au sol sans rien allumer. Des policiers du SPVM qui avaient vu sa manoeuvre l'ont arrêté.

Chez lui, la SQ a saisi 200 pages de documentation sur la fabrication de bombes et des photos d'explosifs. Du matériel qu'il n'a pas rédigé lui-même, souligne son avocat, Serge Lamontagne, mais qui démontrent tout de même un «état d'esprit» a rétorqué le juge, qui a déploré la multiplication des menaces sur les réseaux sociaux.

«Il s'agit d'un comportement qui malheureusement est de plus en plus dispersé, de plus en plus important, où les gens se servent des nouvelles technologies pour essayer de créer un climat d'insécurité, un climat de peur», a déploré le juge Jean Marquis.