Michel Poissant a eu la peur de sa vie aujourd'hui. En roulant - pourtant très prudemment - sur l'autoroute 40 en direction Ouest, il s'est retrouvé au beau milieu d'un carambolage monstre, impliquant 60 à 70 véhicules.

Mis à jour le 27 janv. 2019
KATIA GAGNON LA PRESSE

« Deux voitures en avant de moi, le char était scrap. Si j'étais parti deux ou trois minutes plus tôt de chez moi, ça aurait été moi ! raconte-t-il à La Presse, quelques heures après l'événement. Honnêtement, c'est un miracle que personne ne soit mort. »

Le carambolage de la 40, qui a forcé la fermeture de l'autoroute pendant plusieurs heures, a fait une vingtaine de blessés, dont une femme enceinte. C'est un autre automobiliste impliqué dans le carambolage, Patrick Casault, qui a repéré la femme.

« On a réussi à se garer dans le banc de neige, sur le côté. Une fois ma femme et ma fille en sécurité, je suis sorti pour voir si je pouvais aider. J'étais avec une ambulancière, elle était débordée. Elle m'a dit : fais le tour des véhicules et fais-moi signe si quelqu'un a l'air mal en point. Il y avait une femme enceinte qui avait l'air un peu amochée. Elle avait une grosse poque dans le front. Elle avait peur de perdre son bébé. » La femme a été évacuée en ambulance.

Michel Poissant est lui aussi sorti de sa voiture tout de suite après l'impact. « J'ai tout de suite été voir devant si quelqu'un avait besoin d'aide. Mais personne n'avait de problèmes majeurs. » La Sûreté du Québec confirme : les blessés ne l'étaient pas gravement. « C'est de la tôle froissée et des blessés mineurs, souligne le sergent Louis-Philippe Bibeau, de la Sûreté du Québec. Les gens ont tous été vus, évalués et si nécessaire, dirigés vers le centre hospitalier. »

M. Poissant a tourné une vidéo saisissante sur les lieux, où il marche pendant une environ une minute sur la 40 et croise des dizaines de véhicules accidentés, échoués dans le fossé ou ayant glissé sur le bas-côté. Il y a des pare-chocs arrachés, des vitres fracassées, des portières bossées. En milieu d'après-midi, pas moins de 52 000 personnes avaient visionné la vidéo.

« Sur place, c'était le bruit qui faisait peur. On entendait le bruit des autos qui fonçaient dans les autres, plus loin. C'était quelque chose. » Patrick Casault est d'accord. « On entendait des bang, bang, bang aux deux minutes. C'étaient les voitures qui se rentraient dedans. Il y avait tellement de véhicules... c'était vraiment impressionnant. » 

Plusieurs photos et images de l'accident ont été diffusées sur Facebook. On y voit des passagers circuler sur l'autoroute au beau milieu de dizaines de véhicules accidentés. Certains en ont même profité pour sortir bâtons et rondelle de hockey afin de passer le temps.

Les conditions routières étaient exécrables, témoigne M. Poissant. À la hauteur de Saint-Sulpice, où le carambolage s'est produit, la route est balayée par les vents. « La visibilité était à zéro. Heureusement, j'ai tout de suite ralenti à 20 ou 25 km/h et les autos derrière moi ont fait de même. »

Les passagers dont les voitures étaient endommagées ont été transportés par autobus à l'Assomption, le temps que les véhicules soient remorqués. En fin d'après-midi, l'autoroute était complètement dégagée et rouverte à la circulation, a indiqué Stéphane Tremblay, lui aussi porte-parole de la Sûreté du Québec, qui se trouvait sur les lieux de l'accident.

Autre autoroute, autre carambolage

Sur une autre autoroute, la 640, cette fois, Benoît Lespérance l'a lui aussi échappé belle : en roulant direction Ouest, à la hauteur de Bois-des-Filion, il a évité de justesse le camion devant lui. N'eût été une manoeuvre de dernière minute, l'homme et sa conjointe auraient pu être sérieusement blessés dans cet autre carambolage survenu cet avant-midi, à la hauteur de la montée Lesage.

La SQ indique que 17 véhicules ont été impliqués dans l'accident. On dénombrait un seul blessé. Une voie de l'autoroute a été fermée pendant environ une heure.

« Je roulais quand même assez tranquillement sur l'autoroute. Mais, un moment donné, ç'a commencé à déraper. Les autos devant allaient de tout bord tout côté. C'était le "last call". Je me suis tassé à gauche et j'ai évité le camion devant de justesse », raconte M. Lespérance.

« La visibilité était totalement nulle et la chaussée était glissante », renchérit Djilyan Hardy, qui s'est retrouvée au beau milieu du même carambolage.

« On a réussi à arrêter avant de frapper l'auto devant nous, par contre, un autre véhicule est venu nous frapper de plein fouet à l'arrière et on a foncé dans l'auto devant », raconte Mme Hardy. Elle et son conjoint s'en sont tirés indemnes et les dégâts à son véhicule ne sont pas majeurs. « On a été très chanceux. »

Les accidentés de la 640, eux, ont été transportés par autobus vers la caserne de Blainville, le temps que les remorqueurs dégagent la route. « Il y avait tellement de personnes sur place que les remorqueurs ne pouvaient pas embarquer les passagers », explique M. Lespérance.