L'homme de 35 ans visé par un tireur qui l'a manqué en fin d'après-midi vendredi, dans le quartier Saint-Michel, est James Bertrand, alias «Gunman», un proche du caïd Ducarme Joseph a appris La Presse.

Daniel Renaud LA PRESSE

La victime marchait sur le trottoir de la 9e avenue, au sud de la rue Denis-Papin, vers 17h15, «lorsqu'un homme vêtu en foncé s'est approché d'elle et a ouvert le feu à plus d'une reprise, sans la toucher», a raconté l'agent Dany Richer de la police de Montréal.

Le suspect a immédiatement pris la fuite alors que les policiers, alertés par les nombreux appels faits par des citoyens au 911, sont arrivés rapidement sur les lieux et ont aussitôt repéré la victime.

Souffrant d'un choc nerveux, Bertrand a été transporté à l'hôpital d'où il a toutefois rapidement obtenu son congé.

Au moment d'écrire ces lignes, personne n'avait été arrêté. Les policiers s'intéressaient toutefois à deux véhicules garés tout près de la scène de crime et dans lesquels ils pensaient trouver des armes ou de la drogue.

Lié au meurtre de Nick Jr ?

Bertrand est connu des policiers comme étant un influent membre de gang de rue d'allégeance bleue et a quelques antécédents judiciaires. Il a notamment été condamné à 12 mois de prison pour possession de cocaïne et usage négligent d'une arme à feu en 2002.

Selon nos sources, il serait proche du caïd Ducarme Joseph qui a échappé de justesse à une spectaculaire fusillade qui a fait deux morts dans son ancienne boutique de vêtements du Vieux-Montréal, le 18 mars 2010.

Toujours d'après nos sources, à la suite de cette fusillade, Joseph aurait rencontré James Bertrand et l'entrepreneur Antonio Magi.

Deux mois et demi plus tôt, le fils aîné du parrain Vito Rizzuto, Nick Junior, avait été assassiné tout près des bureaux de l'entrepreneur sur la rue Upper-Lachine, et une hypothèse retenue par les enquêteurs veut que cet assassinat et la fusillade de la boutique soient liés entre eux.

Même si l'enquête sur la tentative de meurtre contre James Bertrand débute à peine, les policiers ne peuvent écarter l'hypothèse qu'elle puisse être liée à la vague d'attentats qui secouent le crime organisé italien, en particulier depuis la sortie de prison du chef du clan des Siciliens, Vito Rizzuto, l'automne dernier.