Les incendies qui ont éclaté dans deux restaurants de la rive-nord de Montréal ces derniers jours pourraient être reliés à une tentative de meurtre commis contre un prêteur usuraire lié au crime organisé irlandais au début de l'été, a appris La Presse.

Publié le 28 août 2018
Daniel Renaud LA PRESSE

Dans la nuit de dimanche à lundi et la nuit dernière, un restaurant désaffecté du boulevard Arthur-Sauvé à Saint-Eustache, le Chingon Cantina Mexicana et un restaurant toujours ouvert du chemin de la Grande-Côté à Rosemère, le Train 344, ont été les cibles d'incendiaires.

Une courte recherche sur certains sites publics et des informations de sources indiquent que les deux immeubles où ont été allumés les incendies - évalués à environ un million de dollars chacun - appartiennent à une compagnie et à une proche de John McKenzie, un individu lié au crime organisé traditionnel irlandais, selon la police.

Le 27 juin dernier, McKenzie, 48 ans, a été blessé par balles alors qu'il se trouvait dans le stationnement d'un centre de conditionnement physique de la voie de service de l'autoroute 13, à l'angle de l'autoroute 440, à Laval.

Un an et demi plus tôt, en janvier 2017, une luxueuse résidence de Laval où McKenzie habitait avec sa conjointe, a également été le théâtre d'un incendie.

La SQ enquête

Visiblement, quelqu'un en veut à John McKenzie. Des sources avancent qu'il serait en conflit avec les Hells Angels. D'autres parlent de tensions dans le milieu du prêt d'argent alors que certains individus considérés comme des prêteurs ont été les cibles d'attentats, ou que leurs biens ont été les théâtres d'incendies criminels ces derniers mois.

Les enquêtes sur les incendies des deux derniers jours dans les restaurants de la rive nord, qui ont été amorcées par la Sûreté municipale de Saint-Eustache et la Régie de police Thérèse-de-Blainville relèvent maintenant de la Sûreté du Québec.

«Pour le moment, il est trop tôt pour confirmer un lien entre les deux incendies. L'enquête débute. Nous attendons encore des résultats d'expertise et des témoins sont rencontrés», explique le lieutenant Hugo Fournier de la SQ.

En 2011, un enquêteur de la Sûreté du Québec avait expliqué devant la Régie des alcools, des courses et des jeux, que John Mckenzie et son père, feu James Patrick Mckenzie, étaient fichés depuis des années par la police comme prêteurs usuraires liés au Gang de l'Ouest. L'enquêteur avait également raconté qu'une branche de la pègre irlandaise avait pris le contrôle d'une importante entreprise d'enlèvement de graffitis qui avait des contrats avec la Ville de Montréal.

John McKenzie a déjà été condamné pour voies de fait. Il était très proche de Richard Griffin, alias Slick, un importateur de cocaïne lié au Gang de l'Ouest et à la mafia assassiné en 2006, juste avant l'opération Colisée de la Gendarmerie Royale du Canada.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse courriel de La Presse.