L'un des plus machiavéliques tueurs en série de l'histoire récente des États-Unis, qui possédait une maison à moins de 100 km de Montréal, pourrait avoir fait des victimes au Québec, craint le FBI.

Publié le 14 août 2013
Vincent Larouche LA PRESSE

Israel Keyes, qui s'est suicidé dans une prison de l'Alaska en décembre dernier, a avoué 11 meurtres à la police. Mais il a aussi laissé plusieurs questions en suspens, en multipliant les déclarations vagues et énigmatiques pendant son interrogatoire.

Les enquêteurs ont d'ailleurs déclaré qu'il semblait apprécier jouer au « chat et à la souris » avec eux. Les policiers ont beaucoup de mal à finaliser le dossier, car le tueur était particulièrement organisé et habile à camoufler ses traces. Ils ont donc dévoilé au public de nouveaux détails cette semaine, dans le but d'identifier d'éventuelles victimes de Keyes.

«Nous savons qu'il a fait plusieurs voyages à Montréal, pour y chercher les services de prostituées», a expliqué à La Presse le porte-parole du FBI, Eric Gonzalez.

«Lorsqu'il a été interviewé, il a déclaré avoir commis 11 meurtres. Puis, sur un ton léger, il a dit «mais les Canadiens ne comptent pas», et il a ri. Nous ne savons pas si c'était une blague. Mais sur la base de ce commentaire, de son comportement général et des meurtres précédents... Oui, c'est très possible», a ajouté le porte-parole, en soupirant.

M. Gonzalez rappelle que le tueur possédait une maison à Constable, une petite localité de l'État de New York tout près de la frontière canadienne, à une heure de route de Montréal.

Le SPVM n'a pas souhaité commenter ce dossier mercredi.

Selon les policiers américains, Israel Keyes a parcouru les États-Unis entre 2001 et 2012, kidnappant et tuant des victimes qu'il choisissait dans des parcs, des campings, des cimetières, des marinas, des sentiers. Il fréquentait aussi des prostituées pendant ses déplacements, mais la police ignore si certaines d'entre elles sont devenues ses victimes.