Giuseppe De Vito, considéré par la police comme un important chef de clan de la mafia italienne, aura un procès relativement aux armes trouvées chez sa conjointe le jour de son arrestation, en 2010.

Daniel Renaud LA PRESSE

Rappelons que De Vito était recherché depuis l'opération Colisée menée en novembre 2006, mais ce n'est que quatre ans plus tard, le 4 octobre 2010, qu'il avait été arrêté.

Dans les derniers mois de sa fuite, De Vito se terrait chez sa nouvelle conjointe, Gina Conforti. En perquisitionnant chez elle, à Saint-Léonard, les policiers ont découvert des armes et ont accusé le couple. Mme Conforti a également été accusée de complicité après le fait pour avoir caché un individu recherché. L'enquête préliminaire devait avoir lieu hier, mais le couple y a renoncé et a choisi un procès devant juge seul.

Au coeur du conflit

Giuseppe De Vito, 46 ans, surnommé Ponytail parce qu'il est toujours coiffé en queue de cheval, purge déjà une peine de 15 ans de prison pour un complot visant à importer de la cocaïne à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Son clan, qui est très présent dans le secteur Saint-Léonard-Rivière-des-Prairies, est actuellement au coeur de la lutte sanglante qui secoue la mafia, en particulier depuis la sortie de prison du parrain, Vito Rizzuto, en octobre dernier. Certains de ses hommes et établissements ont fait l'objet d'attentats depuis l'automne dernier.

Selon nos sources, De Vito se serait rallié à Raynald Desjardins, actuellement accusé avec d'autres du meurtre de l'aspirant parrain Salvatore Montagna, commis à Charlemagne le 24 novembre 2011. La police affirme que De Vito, Desjardins, Montagna et d'autres mafieux influents, dont Joe Di Maulo, assassiné en novembre dernier, les frères Arcuri, vraisemblablement en fuite, et Moreno Gallo, aujourd'hui expulsé du pays, avaient formé une «table» pour diriger le crime organisé à Montréal. Des sources nous ont même confié que Di Maulo, Gallo et De Vito auraient agi à titre d'arbitres à cette «table».

La séparation

D'après des témoignages entendus dans la cause d'Angelo Cecere, la taupe de la GRC arrêtée pour corruption et entrave, De Vito aurait pris ses distances du clan Rizzuto à la suite du meurtre de son patron, Paolo Gervasi, commis en janvier 2004. Cette année-là, l'un de ses proches, Giuseppe Colapelle, avait notamment été convoqué par Francesco Arcadi au club social Consenza pour expliquer pourquoi De Vito et son associé, Alessandro Sucapane, avaient caché au clan une somme de 800 000$ obtenue de clients américains. Colapelle a été assassiné il y a un an. «Depuis la mort de Gervasi, ils considèrent n'avoir à rendre de compte à personne», indique un document.

De Vito tient par ailleurs des membres du clan Rizzuto responsables de son arrestation. Des coaccusés avaient utilisé «sa porte» pour importer à l'aéroport Trudeau une quantité de cocaïne plus importante que prévu. L'affaire avait été découverte par la police.

Il tient également des membres du clan des Siciliens responsables de la mort de ses deux filles, apparemment tuées par leur mère, Adèle Sorella, durant sa longue fuite.