Une requête en injonction à l'égard de la direction de l'Établissement Leclerc sera déposée jeudi devant la Cour supérieure par deux détenues, qui décrient les conditions de détention des femmes incarcérées dans cette prison de Laval.

Mis à jour le 30 janv. 2019
MARISSA GROGUHÉ LA PRESSE

Jeudi matin, l'avocate des deux femmes déposera la demande d'injonction au Palais de justice de Saint-Jérôme. Me Mélanie Martel représentera les détenues, dont l'identité ne sera divulguée qu'au dépôt de la requête, dans un recours « concernant la dégradation des conditions de détention des femmes à l'Établissement Leclerc de Laval ».  

Ces derniers mois, des détenues et ex-détenues ont rapporté des situations jugées inquiétantes par des organismes de défenses des droits.  

Entre l'insalubrité, les abus de langage, les problèmes d'isolation et les infestations de vermines, on soutient du côté de la Coalition d'action et de surveillance sur l'incarcération des femmes au Québec (CASIFQ) qu'il est nécessaire d'évacuer les détenues.  

Une lettre avait été envoyée afin d'alerter le Comité contre la torture de l'ONU, devant « l'ampleur des problèmes », « la gravité de la violation des droits des femmes détenues au Leclerc » et « devant l'inaction des autorités ».

Contacté par La Presse en décembre dernier, le ministère de la Sécurité publique a nié les problèmes dénoncés, mis à part la présence possible de souris, pour laquelle l'intervention d'exterminateurs avait été sollicitée.  

À la mi-janvier, malgré l'attention médiatique sur cette affaire, le comité de mobilisation Leclerc du Centre des femmes Laval déplorait n'avoir eu « aucun retour de la part de la ministre [de la Sécurité publique] Geneviève Guilbault ».

La démarche des deux détenues auprès de la Cour supérieure est notamment appuyée par la Ligue des droits et libertés, la Fédération des femmes du Québec et le Centre des femmes de Laval.