Paul Zaidan, cet ancien franchisé d'un restaurant Cora soupçonné d'avoir enlevé et menacé le président-directeur général de la populaire chaîne de restauration il y a un an et demi, a fait une faillite de 1,2 million le 1er juin dernier.

Mis à jour le 5 sept. 2018
Daniel Renaud LA PRESSE

Selon nos informations, l'homme d'affaires, qui a déjà possédé - outre la franchise de restaurant - une station-service et une entreprise de location et de vente de films et de jeux vidéo, aurait été incapable de rembourser plusieurs sociétés de cartes de crédit et les gouvernements.

Le syndic Ginsberg, Gingras et associés, responsable de la liquidation des anciens actifs de M. Zaidan tente actuellement de vendre la résidence de ce dernier à Laval, évaluée à plus de 700 000 $, pour retourner les profits aux créanciers.

Les entreprises dont M. Zaidan est le principal actionnaire, Gestion SCVH, Gestion CTPP, Gestion CTP et Le Phénicien sont insolvables, inopérantes et sous la gouverne du syndic depuis la faillite de M. Zaidan, le 1er juin.

De plus, deux des entreprises de M. Zaidan font actuellement face à des poursuites de 17 800 $ et de plus de 40 000 $.

Séquestré durant huit heures

Paul Zaidan, 49 ans, a été arrêté hier matin, à sa résidence de Laval, par les enquêteurs des Crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ). Il a été transporté au quartier général de la SQ, où il a été longuement interrogé.

Il comparaîtra cet après-midi au palais de justice de Laval, où il devrait être accusé de séquestration, d'enlèvement avec l'intention d'obtenir une rançon ou un service, d'utilisation d'une fausse arme à feu lors de la perpétration d'un enlèvement, d'avoir empêché la victime d'appeler les policiers en usant de menaces envers les enfants de cette dernière et, enfin, d'avoir volé le coffre-fort de la victime qui contenait moins de 5000 $.

Paul Zaidan n'a aucun antécédent judiciaire.

Nicholas Tsouflidis, fils de la fondatrice des restaurants à déjeuner Cora et président-directeur général de la chaîne, avait été enlevé le soir du 8 mars 2017 à sa résidence et retrouvé molesté, mais vivant, huit heures plus tard, dans un fossé à la hauteur du boulevard Dagenais, à l'ouest de l'autoroute 13, à Laval. Les ravisseurs avaient enfermé M. Tsouflidis dans le coffre arrière de leur voiture, mais ils avaient omis de confisquer le téléphone cellulaire de la victime, qui était parvenue à communiquer avec les policiers.

Les ravisseurs étaient au moins deux, selon certaines informations, et d'autres arrestations pourraient suivre. La Sûreté du Québec n'a pas voulu préciser le mobile derrière cet enlèvement.

« La dernière année a été éprouvante. Aujourd'hui, je suis soulagé d'apprendre l'arrestation d'un suspect. En ce qui me concerne, il semble s'agir d'un cas unique et isolé. Chez Cora, c'est tolérance zéro en ce qui concerne la violence », a déclaré hier le PDG des restaurants, Nicholas Tsouflidis, dans un communiqué.

« J'ai confiance au processus judiciaire qui saura faire la lumière sur les raisons qui ont poussé cette personne à agir de la sorte. Pour l'instant, je compte continuer à collaborer avec les autorités en ce sens », a ajouté l'homme d'affaires.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.