Valérie Plante a lié mercredi l’attaque au sabre du Vieux-Québec et les trois meurtres commis au hasard la semaine dernière à Montréal, en affirmant que la santé mentale est « au cœur » de ces deux dossiers. Il urge selon elle de « s’occuper des causes systémiques » qui peuvent amener des personnes à passer à l’acte.

Publié le 10 août
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ce qui s’est passé la semaine dernière demeure un évènement isolé qu’on pourrait peut-être comparer à ce qui s’est passé à Québec. On se rappellera de cet homme qui a attaqué à coups de sabre et qui a tué différentes personnes. Et dans les deux cas, ce qu’on réalise, c’est que la santé mentale est au cœur de cette folie et de ce qui a amené ces personnes à poser des gestes horribles », a expliqué Mme Plante lors d’une séance du comité exécutif.

Pour avoir une ville « sécuritaire », la mairesse a réitéré qu’il faut travailler « sur tous les fronts », incluant la lutte contre les groupes criminalisés, la limitation de l’accès aux armes et la prévention dans les quartiers avec les groupes communautaires.

Or, « il faut aussi s’occuper des raisons et des causes systémiques qui peuvent amener des personnes, surtout quand ils ont accès à des armes ou quand c’est facile d’en faire, de passer à l’acte », a-t-elle nuancé, en semblant réclamer un dialogue plus ouvert sur les problématiques de santé mentale en milieux urbains.

Une enquête « très importante »

Mme Plante affirme que son administration offrira « sa pleine collaboration » à la coroner en chef, MPascale Descary, qui a ordonné lundi le déclenchement d’une enquête publique pour faire la lumière sur les meurtres d’André Lemieux, de Mohamed Belhaj et d’Alex Lévis Crevier, les trois victimes l’auteur présumé du triple homicide, Abdulla Shaikh, qui a été abattu par les policiers. « Nous suivrons de très près de ce qui ressortira de cette enquête, qui est très importante », a dit la mairesse.

Abdulla Shaikh avait notamment un diagnostic de schizophrénie et de traits de personnalité narcissiques et antisociaux, selon les documents judiciaires. En 2016, il avait été accusé notamment d’agression sexuelle et d’agression armée. Son procès était prévu en janvier prochain, à Laval. Dans une autre affaire de méfaits en 2018, il avait été reconnu non criminellement responsable. Il était depuis suivi en psychiatrie et avait été hospitalisé jusqu’en 2021. Son état demandait une révision annuelle de la Commission d’examen des troubles mentaux, dont la dernière avait été effectuée en mars 2022.

Selon nos informations, le suspect avait été hospitalisé au moins une fois à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel. Un psychiatre avait aussi jugé en mars dernier qu’il représentait « toujours un risque important pour la sécurité du public ».

Lundi, le premier ministre François Legault a dû clarifier des propos qui lui ont été reprochés au sujet de la mort du suspect. Vendredi dernier, il avait affirmé qu’il était « content qu’on se soit débarrassé » de l’auteur présumé du triple meurtre. « Ce que je voulais dire, c’est que je suis content que le suspect ait été mis hors d’état de nuire », a-t-il rectifié lors d’une annonce à Sept-Îles.