L’incendie qui fait rage dans un centre de tri de Montréal-Est depuis dimanche matin était toujours actif lundi, 24 heures plus tard. Entre 60 et 70 pompiers y ont passé la nuit.

Mis à jour le 27 juin
William Thériault
William Thériault La Presse
Jean-Thomas Léveillé
Jean-Thomas Léveillé La Presse

Même si « l’ampleur » de l’incendie a diminué, il brûle toujours, confirme le chef de la section prévention du Service de sécurité incendie de Montréal, Matthew Griffith. Au plus fort de l’incendie, environ 150 pompiers étaient sur place.

Le site abrite le centre de tri de matériaux de construction Koncas Recyclage, qui dessert les écocentres de Montréal, Laval et Montréal-Est, notamment, ainsi que des entreprises privées.

Le centre, qui traite 150 000 tonnes de matériaux annuellement, est « le seul d’envergure sur l’île de Montréal », explique Yazan Kano, vice-président régional de l’entreprise Matrec, qui en est propriétaire.

« Il n’y aura pas de bris de service », assure-t-il toutefois, puisque l’entreprise dirige ses clients vers un site de transbordement, d’où elle expédiera elle-même les matières vers d’autres centres de tri lui appartenant ou appartenant à des concurrents.

Les écocentres desservis par Koncas Recyclage pourront donc continuer de recevoir les matériaux des citoyens.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, ARCHIVES LA PRESSE

Au plus fort de l’incendie, environ 150 pompiers étaient sur place.

L’entreprise s’affaire déjà à préparer un plan pour assurer le maintien des activités à plus long terme.

Le bâtiment, qui vaut 7 millions de dollars selon le rôle d’évaluation municipale et qui daterait de 1940, est une perte totale, selon M. Kano.

Il va falloir reconstruire.

Yazan Kano, de Matrec

Ce n’est pourtant pas le bâtiment en tant que tel qui brûle, « c’est ce qu’il y a à l’intérieur », indique Matthew Griffith. « On a aussi trois grosses pelles mécaniques qui défont la structure du bâtiment pour arroser. »

Une enquête devra déterminer la cause exacte du sinistre, mais Yazan Kano soupçonne qu’il ait été causé par « quelque chose qui n’aurait pas dû se retrouver là », comme un contenant de chlore.

Fumée persistante

Pour la mairesse de Montréal-Est, Anne St-Laurent, c’est une « journée problématique et inquiétante ». Elle affirme avoir reçu de 200 à 300 « messages et courriels » de la part de ses citoyens.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le bâtiment, qui vaut 7 millions de dollars selon le rôle d’évaluation municipale et qui daterait de 1940, est une perte totale, selon Yazan Kano, vice-président régional de l’entreprise Matrec, qui en est propriétaire.

Je demeure près du fleuve et je ne voyais plus l’île de Boucherville. Ça sent le feu et le caoutchouc brûlé. La ville est pleine de boucane, c’est vraiment affreux.

Anne St-Laurent, mairesse de Montréal-Est

« À cause de l’humidité et de la pression atmosphérique, la fumée ne se dissipe pas dans l’air et reste près du sol, explique Matthew Griffith. Ça peut présenter des problèmes, mais juste pour les personnes qui sont à risque comme ceux qui font de l’asthme. Par mesure préventive, on recommande d’éviter le secteur pour la journée. »

« On va être sur place une bonne partie de la journée, et oui, on vise [que ce soit terminé] aujourd’hui [lundi]. »