Des coups de bâton de baseball et de clé à molette. Un pistolet enfoncé dans la bouche. Des menaces sans équivoque. Si l’un des auteurs de cette agression à domicile d’une extrême violence s’est fait pincer par les policiers, c’est parce qu’il avait publié quasi en direct une vidéo de l’agression sur l’application Snapchat.

Publié le 21 mai
Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Tommy Lee Guay-Arpin, 25 ans, a plaidé coupable en mars dernier à des accusations d’introduction par effraction et de vols qualifiés à l’égard de cinq hommes. Il a été condamné à cinq ans d’emprisonnement, une suggestion commune entérinée par la juge Hélène V. Morin, au palais de justice de Montréal.

Cette agression filmée s’amorce par une « mésentente » entre Tommy Lee Guay-Arpin et la victime « principale », un homme qui n’est également pas un « enfant de chœur », selon la juge.

Celui-ci contacte l’accusé pour un « présumé vol de bijoux », ce qui ne semble pas plaire à l’agresseur, qui lui dit : « Soit tu oublies cette histoire, soit je rentre chez vous. »

Quelques heures plus tard, dans la nuit du 10 au 11 novembre 2020, Tommy Lee Guay-Arpin met sa menace à exécution. Il se présente avec plusieurs fiers-à-bras dans un appartement du boulevard Pie-IX et tombe nez à nez avec la victime « principale ». Les assaillants ordonnent alors aux cinq victimes de se coucher par terre. L’assaillant « numéro deux » donne deux coups de bâton de baseball à la tête de la victime.

« [L’accusé] filme la scène avec un téléphone. Il prend l’arme à feu et dit à la victime : “Ouvre la bouche, sinon tu vas manger une ostie de claque.” Il place ensuite le canon du pistolet dans la bouche et lui dit : “C’est le fun, cocksucker, pourquoi tu suces une arme, cocksucker” », a affirmé le procureur de la Couronne, Me Éric Poudrier, en résumant les faits à la juge.

Un autre assaillant frappe alors la victime avec un objet, puis Tommy Lee Guay-Arpin en rajoute avec des coups de clé à molette dans les jambes. « Que je n’apprenne pas que tu as parlé à du monde ou à la police, on va se revoir », menace l’accusé. Les suspects en profitent ensuite pour frapper et voler les victimes avant de prendre la fuite.

Quelques minutes plus tard, une personne avise la police qu’une agression au domicile est en cours. Tommy Lee Guay-Arpin avait en effet publié sur son compte Snapchat – une application de vidéos éphémères – une vidéo le montrant en train de pointer une arme à feu au visage de la victime. À l’arrivée des policiers, les suspects n’y étaient plus.

Identifié en cavale

Tommy Lee Guay-Arpin s’est retrouvé en cavale pendant plusieurs semaines. Le Groupe tactique d’intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) l’a finalement arrêté, alors qu’il se dirigeait vers la gare Centrale, visiblement pour prendre la fuite.

La juge Morin s’est par ailleurs étonnée du jeune âge de l’accusé pendant l’audience, alors qu’il avait grommelé être âgé de 25 ans : « Vingt-cinq ans ! Vous avez l’air plus vieux ! Ça va être quoi, votre vie, à votre sortie de prison ? Est-ce que vous avez l’intention d’avoir ces comportements ? », s’est interrogée la juge.

« J’espère que vous allez profiter de la période qui reste en détention pour penser à l’avenir et penser à ce que vous pourrez faire », a-t-elle conclu.

Il reste un peu moins de trois ans de prison à purger à Tommy Lee Guay-Arpin, compte tenu du temps passé en détention préventive. Il était défendu par MIan Gemme.