Un enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été violemment agressé par un suspect mercredi, devant le domicile d’une victime. C’est l’agent Sanjay Vig, lui-même attaqué l’année dernière, qui s’est présenté le premier pour porter secours à son collègue.

Mis à jour le 13 janvier
Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Le sergent-détective de la Section des enquêtes criminelles Ouest s’est rendu seul dans un logement de LaSalle à Montréal pour signifier une citation à comparaître à une victime.

Il s’est plutôt retrouvé devant le suspect. L’homme dans la jeune vingtaine lui aurait répondu que la femme n’était pas là.

Le présumé agresseur serait un membre de la famille de la victime, confirment nos sources. Il aurait frappé le policier à la tête alors que ce dernier se dirigeait vers son véhicule.

Blessé à un œil et souffrant d’une commotion cérébrale, le sergent-détective en question a été retrouvé au sol à l’intersection des rues Saint-Patrick et Stirling. Il était confus lors de son transport à l’hôpital.

« Alors que son agresseur prenait la fuite, il a réussi à se rendre à son véhicule pour joindre son superviseur, qui a contacté le 911. Ses blessures ne mettent pas sa vie en danger et il a obtenu son congé de l’hôpital au début de la nuit », ont précisé les relations médias du SPVM.

C’est Sanjay Vig qui s’est rendu sur place peu après l’appel. L’agent avait lui-même été attaqué et désarmé l’année dernière dans le secteur de Parc-Extension, une affaire qui avait fait grand bruit.

À la suite de cette agression, Mamadi III Fara Camara avait été arrêté par erreur, puis libéré en pleine salle d’audience six jours plus tard. Ali Ngarukiye, l’homme accusé d’avoir agressé l’agent Vig, avait ensuite été arrêté.

Le suspect doit être localisé et il n’y a toujours aucune arrestation dans ce dossier.

« L’enquête suit son cours et il est trop tôt pour se prononcer sur les causes de l’agression », a confirmé le SPVM.

Des attaques plus fréquentes, dénonce la Fraternité

L’agression a été vivement dénoncée par Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal. « Les attaques envers nos agents de la paix sont de plus en plus fréquentes et notre travail de plus en plus imprévisible. »

Il se dit conscient de l’inquiétude suscitée par une telle attaque dans le voisinage, avec un suspect toujours en fuite.

Un individu qui s’attaque à un représentant du système judiciaire n’aura aucune gêne à s’attaquer à autrui. On sait que tous les efforts sont déployés pour localiser cet individu.

Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal

Le policier aurait-il dû être accompagné pour livrer une citation à comparaître (« subpoena ») ? « Ça dépend des circonstances. C’est généralement laissé au jugement des policiers eux-mêmes », a répondu M. Francœur.

Le syndicat a demandé au SPVM de dépêcher des représentants en santé et sécurité du travail pour émettre des recommandations.

« Il arrive que des policiers se déplacent seuls pour la remise d’une assignation à témoin », ont répondu par courriel les relations médias du corps policier.

Avec Daniel Renaud, La Presse