Gérard Petit hébergeait souvent chez lui son ami Marcel Poirier, un sans-abri de 54 ans. Pourtant, en 2019, au cours d’une nuit de beuverie, il l’a tué en lui assénant huit coups de couteau.

Publié le 11 janvier
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Petit a écopé de 11 ans de prison, mardi, au palais de justice de Montréal, après avoir plaidé coupable à une accusation d’homicide involontaire.

« Je regrette cet incident, je n’aurais jamais pensé qu’une chose comme ça pourrait arriver », a dit l’homme de 65 ans, en pleurs, alors qu’il se trouvait dans le box des accusés devant la juge Catherine Perreault.

« Marcel était devenu un ami, j’avais essayé de le sortir de la rue, je l’amenais à la maison quand il faisait trop froid. »

Mais dans la nuit du 28 au 29 juillet 2019, les deux hommes ont eu une altercation dans l’appartement de Petit, situé dans un HLM du Plateau-Mont-Royal. L’accusé raconte qu’il a voulu faire sortir la victime, qui menaçait de tout détruire dans le logement.

Marcel Poirier se serait alors emparé d’un couteau de cuisine et se serait retrouvé dans le corridor avec Gérard Petit.

L’accusé aurait donc saisi le poignet de la victime, pour retourner l’arme vers le sans-abri. Il l’aurait poignardé à plusieurs reprises, mais affirme que Marcel Poirier aurait conservé le couteau dans sa main.

À ce moment, Gérard Petit « a l’impression que c’est [lui], la victime », dira-t-il aux policiers en interrogatoire.

L’exposé des faits présenté mardi devant le tribunal note cependant que Marcel Poirier a reçu un coup dans le dos et un autre derrière la cuisse, ce que Petit n’a pas pu expliquer.

« Je n’avais aucune intention de tuer cette personne. Il n’y a pas un soir que je n’y pense pas », a fait valoir l’accusé, avant de recevoir sa peine.

Peine de 11 ans

Une analyse sanguine a permis d’apprendre que la victime avait consommé de l’alcool, du cannabis et du clonazépam, un médicament notamment utilisé pour combattre l’anxiété. Selon Gérard Petit, Marcel Poirier consommait souvent des médicaments qu’il trouvait dans les poubelles. « Il n’y a pas assez de services pour les itinérants », a déploré Petit.

La peine de 11 ans de prison imposée à l’accusé était une suggestion commune des avocats de la Couronne et de la défense, qui a été entérinée par le juge.

La juge Catherine Perreault a expliqué que cette sentence tenait compte des circonstances du crime, mais également de la violence de l’attaque.

Comme Gérard Petit était incarcéré depuis les évènements, le temps déjà passé derrière les barreaux vient réduire la durée de sa peine ; il lui reste donc un peu plus de sept ans à purger.