Des milliers de pompiers ont convergé vendredi vers le Vieux-Montréal pour les funérailles de leur confrère Pierre Lacroix, mort en service le 17 octobre dans les rapides de Lachine lors d’un sauvetage héroïque de plaisanciers à la dérive.

Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

La place d’Armes a été plongée dans un silence solennel peu avant midi. Des camions d’incendie couverts de fleurs offertes par des confrères de partout en Amérique du Nord ont défilé, avant que l’harmonie des pompiers ne se mette en place et que les proches et les dignitaires ne fassent leur entrée dans la basilique Notre-Dame.

À plusieurs reprises, des cloches ont retenti pendant la cérémonie pour rappeler symboliquement que pendant longtemps, dans les villages, elles sonnaient le début et la fin du quart de travail des pompiers, mais qu’elles annonçaient aussi le sacrifice de ceux qui ne rentreraient jamais à la maison.

« Le courage de Pierre Lacroix nous inspire de ne laisser personne derrière », a dit la mairesse Valérie Plante dans son discours.

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La mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, a pris part à la cérémonie dans le Vieux-Montréal.

Plus que tout, c’est ce désir d’aider les autres qui caractérise les pompiers, a déclaré Richard Liebmann, directeur du Service de sécurité incendie de Montréal. Il a rappelé comment Pierre Lacroix, avec trois confrères, s’était précipité au secours de citoyens en détresse dans les rapides impitoyables de Lachine, alors qu’il faisait nuit.

Un « bon père de famille »

Yannick St-Onge, son confrère de la caserne 64 de Lachine, a dit quant à lui qu’en tant que doyen de la caserne, Pierre Lacroix, 58 ans, agissait « en bon père de famille » auprès des plus jeunes. Il a fait le portrait d’un homme dévoué, coloré, capable de convaincre ses confrères d’écouter La soirée canadienne en caserne ou de les impressionner en leur lançant le nom du médaillé d’or en javelot aux Jeux olympiques de 1976.

Sébastien Vincent, grand ami et voisin de Pierre Lacroix, a expliqué que quand sa famille le voyait passer dans la rue, tout le monde arrêtait tout, « juste pour lui parler ». « Tu nous faisais du bien, le savais-tu ? Je serais parti à la guerre avec toi. »

  • Des milliers de pompiers ont pris part vendredi aux funérailles de leur confrère Pierre Lacroix, mort en service le 17 octobre dernier.

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    Des milliers de pompiers ont pris part vendredi aux funérailles de leur confrère Pierre Lacroix, mort en service le 17 octobre dernier.

  • Le casque jaune du pompier Pierre Lacroix et son képi ont été transportés par ses confrères à l’intérieur de la basilique Notre-Dame, avant d’être remis à la famille du défunt.

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    Le casque jaune du pompier Pierre Lacroix et son képi ont été transportés par ses confrères à l’intérieur de la basilique Notre-Dame, avant d’être remis à la famille du défunt.

  • Membres de la famille de Pierre Lacroix, en marge des funérailles dans le Vieux-Montréal

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    Membres de la famille de Pierre Lacroix, en marge des funérailles dans le Vieux-Montréal

  • Au total, 1200 pompiers étaient sur place, tandis que 3000 autres, réunis au Palais des congrès, les accompagnaient en pensée.

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    Au total, 1200 pompiers étaient sur place, tandis que 3000 autres, réunis au Palais des congrès, les accompagnaient en pensée.

  • Des camions d’incendie couverts de fleurs ont défilé dans les rues avant les funérailles tenues à la basilique Notre-Dame.

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    Des camions d’incendie couverts de fleurs ont défilé dans les rues avant les funérailles tenues à la basilique Notre-Dame.

  • Pierre Lacroix est mort en service dans les rapides de Lachine lors d’un sauvetage héroïque de plaisanciers à la dérive. Sur la photo, l’harmonie des pompiers.

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    Pierre Lacroix est mort en service dans les rapides de Lachine lors d’un sauvetage héroïque de plaisanciers à la dérive. Sur la photo, l’harmonie des pompiers.

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Il a eu une pensée émue pour la famille comme pour les trois collègues de M. Lacroix qui étaient à bord de l’embarcation de sauvetage, « ce terrible soir d’octobre ».

« Ces gars ressentent sans doute un énorme vide. Nos cœurs sont aussi avec eux. »

L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de cette mort tragique. Le bateau des plaisanciers et celui des pompiers ont chaviré dans les eaux tumultueuses, longtemps considérées comme infranchissables.

Les citoyens ont vite été rescapés et s’en sont sortis indemnes. Trois pompiers ont été transportés à l’hôpital, en hypothermie. M. Lacroix, lui, a été repéré pendant la nuit. Il s’était retrouvé coincé sous son embarcation.