Un mineur a été formellement accusé vendredi de meurtre au deuxième degré contre un adolescent de 16 ans, en lien avec l’agression armée survenue tout près d’une école, lundi dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Vêtu d’un coton ouaté noir et d’un chandail bleu, le jeune homme, dont on ne peut révéler l’identité en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents, a comparu devant un juge vendredi après-midi devant la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec. Sa mère a assisté à la comparution avant de quitter les lieux rapidement.

Durant la comparution, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, MAnnie Barbeau, a déposé un avis d’intention afin qu’une peine d’emprisonnement pour adultes s’applique dans ce dossier, en dépit du fait que l’accusé est mineur.

Une objection à la remise en liberté de l’accusé a aussi été formulée par la Couronne. Pour le moment, le mineur demeurera donc détenu jusqu’au mardi le 26 octobre prochain, date à laquelle il reviendra devant la Cour pour « fixer la date » de son enquête sur remise en liberté.

Ce sont les enquêteurs de la Section des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui avaient procédé à l’arrestation du jeune homme, jeudi en soirée.

En début de semaine, lundi, une altercation était survenue entre plusieurs jeunes âgés de 16 à 18 ans sur l’avenue Van Horne, près de l’avenue Victoria. Un adolescent de 16 ans y a été poignardé au haut du corps. Il s’était ensuite réfugié dans l’école Coronation, où il étudiait au Programme Mile End — destiné aux jeunes décrocheurs — pour demander de l’aide. Son décès a ensuite été constaté à l’hôpital.

Il s’agissait du 25homicide à Montréal depuis le début de l’année.

Malgré cette arrestation, les autorités rappellent que l’enquête se poursuit et « que la collaboration de la population est importante ». Au moins trois suspects auraient pris la fuite à pied après l’agression, dont les motifs exacts restent encore à déterminer.

Ainsi, toute personne détenant des informations pertinentes concernant cette affaire est invitée à contacter le centre anonyme et confidentiel d’Info-Crime Montréal, en composant le 514-393-1133. Il est aussi possible de remplir un « formulaire de signalement » via le site infocrimemontreal.ca.

Conflit entre deux cliques

Selon nos informations, c’est un récent conflit entre les OXB (Oxford Block), qui tiennent leur nom de l’avenue Oxford à Notre-Dame-de-Grâce, et les 160 de Côte-des-Neiges qui serait à l’origine de cette sanglante altercation.

Mardi, La Presse avait d’ailleurs révélé qu’une vidéo temporaire sur Snapchat avait suscité l’indignation sur les réseaux sociaux au lendemain du drame. « Ça se parle dans la rue. Il y aura une revanche », y indique un jeune homme qui se revendique des 160, une clique de Côte-des-Neiges.

Via les réseaux sociaux, la victime affichait son appartenance à la tranche plus jeune des 160. L’adolescent n’était pas du tout connu des milieux policiers. Mais il était connu dans le quartier.

« Ce n’est pas le style fauteur de troubles », nous a confié un proche, la voix déformée par les sanglots. Plusieurs témoignages de sympathie ont circulé sur la page Instagram de la victime dans les derniers jours.

Avec Mayssa Ferah, La Presse