(Québec) Le meurtre de Romane Bonnier en pleine rue, à Montréal, soulève l’indignation à l’Assemblée nationale alors que l’opposition demande au gouvernement de se mettre « en mode grand V » pour lutter contre la violence conjugale.

Charles Lecavalier La Presse

« J’ai beaucoup de mal à exprimer encore la tristesse, la colère, l’indignation de telles violences, ça m’habite. À ce rythme, si on regarde les choses aller, on va se rendre à 20 avant la fin de l’année, puis c’est terrible », a déploré la députée de Québec solidaire Manon Massé jeudi, en mêlée de presse.

Selon le Service de police de la Ville de Montréal, « certains éléments » font penser que l’homicide a été perpétré « dans un contexte de violence conjugale ». François Pelletier, 36 ans, a été accusé de meurtre prémédité en lien avec cette affaire.

« Encore une fois, hier, en plein jour, dans une rue de Montréal, une femme a été assassinée. C’est encore une de trop, il me semble que je me répète. En fait, ça fait 17 fois cette année que je me répète », a ajouté Mme Massé, qui a offert ses condoléances à la famille de Mme Bonnier.

Mme Massé lance un message au gouvernement Legault : elle souhaite faire « atterrir » le plus rapidement possible les recommandations de différents rapports, notamment le rapport du comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle et de violence conjugale, déposé en décembre 2020.

« Je pense qu’il faut se mettre en mode grand V parce que, malheureusement pour Romane Bonnier, c’est une de trop », a-t-elle dit.

« C’est terrible », dit Legault

La députée péquiste Méganne Perry Mélançon dénonce aussi le meurtre de Mme Bonnier, une « femme qui a succombé à la violence d’un homme ». Elle demande également au gouvernement d’agir plus rapidement. « Je ne vais pas m’étaler sur toutes les mesures et les recommandations qui sont sorties des différents rapports sur les violences faites aux femmes, mais je veux simplement, en fait, demander au gouvernement d’être le plus clair possible sur la suite, sur l’échéancier », a-t-elle lancé. Elle exige donc un plan clair de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, et de la vice-première ministre, Geneviève Guilbault.

En fin d’après-midi, François Legault a lui aussi réagi. « C’est terrible, ce qui est arrivé à cette femme, dans la rue. Je ne peux pas croire que c’est arrivé au Québec », a-t-il dit.

Il a précisé que son gouvernement avait déjà annoncé des sommes additionnelles pour aider les femmes qui subissent de la violence à la maison. La ministre Charest a dénoncé « ce féminicide qui a eu lieu dans des circonstances vraiment terribles ». « On avance, mais il reste du travail à faire », a-t-elle dit. Elle estime que la société québécoise doit procéder à un « changement de culture » pour être capable de lutter contre la violence conjugale.

« Les ressources se déploient […]. Tout le monde, ensemble, il faut avoir un changement de culture. Le message que je pourrais dire, à tout l’entourage des personnes, que ce soient les femmes ou les hommes, dans un contexte de rupture : soyez vigilants. Soyez vigilants aux signes, posez des questions, assurez-vous d’aller prendre les ressources », a dit Mme Charest.