Danny Arsenault, qui a harcelé de façon répétée Charlotte Bouchard via Instagram, a demandé jeudi à la juge de lui accorder l’absolution. En lui imposant un casier judiciaire, le Tribunal envoie un « message fort et clair » quant aux conséquences de faire du harcèlement sur les réseaux sociaux, estime le procureur de la Couronne.

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

La juge Silvie Kovacevich a imposé une probation de deux ans à Danny Arsenault. Ce dernier sera soumis à un suivi probatoire de 18 mois, durant lequel il devra se soumettre aux thérapies jugées nécessaires par l’agente de probation. Dans sa décision, la juge interdit totalement à M. Arsenault de communiquer directement ou indirectement avec Charlotte Bouchard et sa famille. « Vous ne pouvez pas lui envoyer une lettre, vous ne pouvez pas lui envoyer un texto, et ça vise tous les réseaux sociaux », a énuméré Mme Kovacevich.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Charlotte Bouchard aux côtés de son père Michel Bouchard.

Entre le 1er juillet 2016 et le 19 décembre 2017, Charlotte Bouchard a reçu plus de 1800 commentaires de Danny Arsenault, parfois à connotation sexuelle, vulgaire et violente. En juin dernier, la juge Silvie Kovacevich a reconnu que Mme Bouchard avait été victime de harcèlement criminel et de communications harcelantes de la part de ce dernier.

La « nature des propos », l’« insistance », ainsi que la « déresponsabilisation de l’accusé à l’égard des gestes commis » ont été invoquées par la juge. Danny Arsenault a « peu d’empathie » pour Mme Bouchard et ne présente aucun remords, a fait valoir MCharles Doucet, procureur de la Couronne. « Il n’en a rien à cirer de la victime », a ajouté ce dernier, en reprenant les propos de M. Arsenault.

À la cour, Danny Arsenault a affirmé qu’il allait se « tenir très loin de toute la famille Bouchard ». Il devra aussi effectuer 100 heures de travaux communautaires d’ici 12 mois.

En entrevue avec La Presse, MCharles Doucet a affirmé que la décision de la juge envoie « un message fort et clair ». « Une personne qui utilise les réseaux sociaux [pour harceler] peut se voir certainement stigmatisée d’un casier criminel avec toutes les conséquences que ça entraîne », a-t-il souligné.

MDoucet dit ne pas avoir demandé de peine d’emprisonnement, étant donné que M. Arsenault vit avec des troubles mentaux et a été hospitalisé à plusieurs reprises. L’accusé n’a toutefois pas voulu invoquer son état mental pour avoir un verdict de non-responsabilité criminelle.

Le procureur de la Couronne demandait aussi que M. Arsenault se voie interdire d’utiliser les réseaux sociaux, ce que la juge n’a pas accordé. Depuis qu’il est en liberté, l’accusé n’a violé aucune des conditions, a-t-elle soutenu.