Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé mercredi matin à l’arrestation de trois personnes en lien avec le triple meurtre qui avait secoué la métropole en août dernier dans le secteur de Rivière-des-Prairies. Une quatrième personne a également été arrêtée au cours de cette opération policière majeure.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Marlon Francisco Villa-Guzman et Clifford Domercant-Barosy, deux hommes dans la vingtaine, ont été arrêtés mercredi avant l’aube.

Ils font face à des accusations de meurtre prémédité et tentative de meurtre en lien avec les évènements du 2 août dernier à Rivière-des-Prairies.

Un troisième suspect a été appréhendé et comparaîtra jeudi. Selon nos informations, il s’agit de Jonas Castor, un homme de 23 ans.

Selon nos sources, tous sont liés à Zone 43, un gang de rue de Montréal-Nord impliqué dans la flambée de fusillades dans la métropole. Les trois hommes arrêtés auraient été impliqués dans la fusillade mortelle survenue en août dernier à Rivière-des-Prairies. Des coups de feu avaient alors été tirés vers 19 h en direction d’un immeuble résidentiel à l’angle du boulevard Perras et de la 54e Avenue. Les tirs avaient fait deux blessés et trois morts, tous connus des services de police.

Parmi les trois victimes se trouvait Jerry Willer Jean-Baptiste, alias Mackazoe. Le rappeur de 29 ans tombé sous les balles était un membre important des Profit Kollektaz, un gang de Rivière-des-Prairies formé des principaux rivaux de Zone 43.

« Une femme de 25 ans a également été arrêtée, sans lien avec le triple homicide », indique la police de Montréal par communiqué. Elle a été libérée sous promesse de comparaître.

Plusieurs effectifs étaient postés à l’angle de la rue Martial et de l’avenue des Laurentides tôt mercredi matin au passage de La Presse. Un homme menotté accompagné par une horde d’agents était conduit à l’intérieur d’un véhicule de police.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a effectué quelques perquisitions à Montréal-Nord et à Laval au cours de la matinée mercredi.

« Quatre perquisitions ont aussi été effectuées au cours de l’opération policière. Elles ont notamment permis la saisie de deux armes de poing, de munitions, de cellulaires, de stupéfiants et d’autres éléments de preuve », a confirmé le corps policier dans un bilan assez succinct de l’opération policière en cours sera diffusé plus tard dans la journée.

Plante et Coderre applaudissent

Appelée à réagir mercredi, la mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, s’est dite « soulagée » par ces arrestations, en remerciant les policiers au passage.

« C’est un élément important qui montre que ça fonctionne de mettre les ressources, de permettre aux policiers de faire leur travail. Ça donne des résultats. Et on veut continuer bien sûr à soutenir les policiers dans cet effort-là », a-t-elle dit, citant notamment la création en décembre 2020 d’une Équipe dédiée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA).

La responsable des dossiers de sécurité publique, Caroline Bourgeois, a aussi souligné que l’opération « envoie un message montrant à quel point, oui, les policiers sont présents ». « Ce type de crime a frappé l’imaginaire cet été. Ç’a été terrible ce que ça a créé comme sentiment d’insécurité, donc c’est bien de voir que les policiers sont là, que personne n’est au-dessus de la loi », a-t-elle réagi. « Il faut que ça arrête, il faut que ça cesse », a-t-elle aussi imploré.

Mme Plante a toutefois réitéré que Montréal « est une ville sécuritaire ». « Je ne nie pas qu’il y a une montée des évènements impliquant une arme à feu, mais il y a quand même une frontière. Je ne vais pas commencer à dire que Montréal est dangereuse et nuire à sa réputation partout à travers le monde », a-t-elle lancé, en décochant une flèche directe à son adversaire principal, Denis Coderre.

Ce dernier a d’ailleurs souligné dans une déclaration écrite que les arrestations survenues mercredi « sont une bonne nouvelle » et qu’elles sont « encore une fois la preuve du travail crucial accompli par les policiers sur le terrain ». « C’est aussi la raison pour laquelle nous sommes déçus que l’administration Plante se réveille aussi tardivement pour reconnaître leur apport important », a-t-il accusé.