Marie-Josée Viau ne savait pas que des armes à feu seraient entreposées dans le garage de sa propriété et soutient que si elle les a répertoriées, c’était pour faciliter la vente de celles-ci.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

Mme Viau, qui est accusée avec son conjoint Guy Dion d’avoir comploté et participé aux meurtres des frères Vincenzo et Giuseppe Falduto commis sur leur propriété de Saint-Jude, le 30 juin 2016, a commencé à témoigner lundi devant le jury et le juge Éric Downs de la Cour supérieure.

Au début du procès, la Poursuite a déposé une liste de plusieurs armes, dont certaines très puissantes, écrite de la main de Mme Viau trouvée chez le couple le jour de son arrestation, le 16 octobre 2019.

Interrogée par son avocate, MMylène Lareau, Marie-Josée Viau a dit que vers la fin mai ou au début de juin 2016, un individu surnommé Brad Pitt depuis le début du procès — car on ne peut l’identifier — et un ancien tueur à gages de la mafia — devenu taupe pour la police — sont venus chez elle en lui disant qu’ils rapportaient « des outils ».

Elle a dit avoir ensuite vu un amas de sacs de hockey dans le fond du garage, sans savoir ce qu’ils contenaient, et que ce n’est que plus tard, lorsque les deux hommes sont revenus à sa maison, qu’elle a constaté qu’ils s’activaient autour des sacs déposés sur le sol, et que le tueur à gages « fouillait dans ceux-ci de façon très énergique » et manipulait des armes à feu.

« Il [Brad Pitt] m’a dit que Guy était au courant, qu’il avait donné son accord et qu’il avait une entente avec lui. Les armes étaient là de façon temporaire. C’était pour vendre et c’est pour ça que Guy avait accepté. On était pour avoir des sous avec la vente ».

Brad Pitt m’a demandé si c’était possible de faire un listing des armes et des munitions pour faciliter la vente. J’étais plutôt réticente au début mais plus vite ce serait fait, plus vite irait la vente, alors oui j’ai accepté.

Marie-Josée Viau

Comme une menace

L’accusée a également dit qu’elle n’avait « pas de relation » avec l’appareil de communications cryptées que Brad Pitt leur avait remis et que chaque fois qu’il vibrait, elle le remettait à Guy.

Elle a également raconté que contrairement à ce que le tueur à gages a dit dans son témoignage, elle n’était pas présente lorsque celui-ci et Brad Pitt sont venus brûler des objets, dont des casques de moto, dans un baril sur son terrain.

Elle a déclaré que ce n’est qu’en août suivant que Brad Pitt lui a dit ce qu’ils avaient brûlé, et qu’elle s’est sentie menacée lorsque ce dernier lui a montré une photo du plancher de son garage et une photo de Guy Dion en sa compagnie et celle d’autres hommes.

« Je ne lui ai pas posé de questions. Déjà après le 30 juin [jour des meurtres des Falduto] j’étais craintive. Je me suis dit : Moins tu en sais, mieux tu te portes. Ce n’est pas ça que nous avions demandé. Je ne pensais pas que nous étions si pognés dans l’engrenage ».

« En me montrant les photos, il [Brad Pitt] n’a pas eu besoin de rien me dire. J’ai eu une énorme pression. Je me suis sentie mal. J’ai essayé de ne pas trop réagir pour montrer que j’étais stressée mais j’ai senti ça comme une menace. Je me suis posé plein de questions entre autres : Est-ce que notre vie est en danger ? », a expliqué Marie-Josée Viau.

Le procès fait relâche pour le reste de la semaine et son interrogatoire se poursuivra lundi prochain.

Des contradictions

Plus tôt dans la journée, la procureure de la Poursuite MIsabelle Poulin a terminé le contre-interrogatoire de Guy Dion.

Elle a notamment comparé des déclarations que l’accusé a faites sur les enregistrements réalisés à son insu durant l’été 2019, alors qu’il avait dit que Marie-Josée « a nettoyé la marde laissée [par les tueurs] à s’en brûler les voies nasales », à ce qu’il a dit durant son témoignage la semaine dernière, c’est-à-dire qu’il avait vu sa conjointe arriver avec un seul litre d’eau de javel pour nettoyer des taches de sang dans la voiture des victimes.

À au moins deux reprises, Guy Dion a admis avoir menti au tueur à gages devenu taupe pour la police alors que celui-ci l’enregistrait à son insu.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.