Le corps du suspect du féminicide présumé survenu la semaine dernière dans Parc-Extension, Navdeep Gohtra, aurait été retrouvé mercredi par les policiers à Laval. Des fouilles avaient eu lieu à quelques reprises sur la rivière des Prairies dans les derniers jours, après que la voiture de l’homme ait été retrouvée à proximité.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Un corps a en effet été retrouvé dans le secteur par les policiers de Laval aujourd’hui, et il y a une possibilité que ce soit celui du suspect », a confirmé en après-midi le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Manuel Couture.

Il précise que ce sont des employés du barrage hydroélectrique situé près de la rivière qui ont contacté les autorités, aux alentours de 9 h mercredi matin, après avoir aperçu le corps dans l’eau.

La Section des crimes majeurs du SPVM est à réaliser certaines démarches pour s’assurer de bien identifier le corps repêché. « Les possibilités sont nombreuses pour y arriver : les empreintes, l’ADN, des pièces d’identité ou encore des vêtements par exemple », a expliqué l’agent Couture à ce sujet.

Ce dernier avance que des fouilles étaient réalisées sur le cours d’eau depuis la semaine dernière, car la voiture du suspect « avait été retrouvée à proximité de la rivière des Prairies ». « Certaines informations laissaient aussi présager aux enquêteurs que le principal suspect aurait pu sauter dans la rivière. Il y a donc des recherches qui ont été faites par bateaux, mais qui ont été infructueuses. Et là, aujourd’hui, ils ont retrouvé un corps qui pourrait être celui du suspect », réitère le relationniste.

Rappelons que Navdeep Gohtra manquait à l’appel depuis lundi le 19 juillet dernier, soit au moment où sa femme avait été retrouvée morte dans un logement de la rue Birnam près de la rue Saint-Roch, peu avant 17 heures. Selon nos informations, la femme aurait été grièvement blessée à la tête.

Âgé de 30 ans, l’homme était connu des services policiers. En mai, il avait été accusé d’avoir proféré des menaces contre sa conjointe, puis remis en liberté dans l’attente de son procès, sous conditions de ne pas s’approcher de celle-ci.

La victime, mère d’un garçon de cinq ans et d’une fillette de sept ans, avait fait changer la serrure du logement pour empêcher son mari d’y accéder. Le couple avait emménagé sur la rue Birnam il y a trois ans.

« Elle m’avait appelé quelque part en mai pour me demander de changer la serrure du logement. Elle ne voulait pas que son mari revienne à la maison », a raconté la semaine dernière Joseph Fernando, concierge de l’immeuble où habitait le couple. Il avait questionné la victime, une mère de famille d’origine punjabi, sur la raison de sa demande. Elle lui avait alors confié les disputes récurrentes et de plus en plus violentes.

Il s’agissait du 13meurtre sur le territoire du SPVM cette année. Ce drame porte à 14 le nombre de féminicides présumés dans la province en 2021.

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