Vingt ans après avoir brutalement violé huit femmes et adolescentes à la pointe d’un couteau, un sadique sexuel a fait vivre un cauchemar à une adolescente de 16 ans, sauvée par sa grande ténacité. Michel Cox reconnaît avoir kidnappé la jeune fille en plein jour l’été dernier à Outremont en se faisant passer pour un policier.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Un an après son arrestation, l’homme de 44 ans a plaidé coupable mardi au palais de justice de Montréal à trois chefs d’accusation : enlèvement, fuite et prétendre faussement être un policier. Notons qu’il a légalement changé son nom pour Michel Vautour, bien que les procédures se déroulent toujours avec son ancien nom.

Sous le nom de Michel Cox, il était tristement surnommé « l’agresseur de Laval » au début des années 2000. Le prédateur sexuel rôdait dans les rues la nuit pour repérer ses proies, muni de corde, de ruban gommé et d’un couteau. Huit femmes et adolescentes de 14 à 25 ans ont été agressées.

Pas un « risque inacceptable pour la société »

Libéré d’office en 2017 aux deux tiers de sa peine de 21 ans de pénitencier, Michel Cox avait réussi à conserver sa liberté en juin 2020, même s’il avait violé ses conditions en côtoyant des enfants seuls. Sa libération ne causait pas de « risque inacceptable pour la société », selon la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). Son agent de probation plaidait pourtant pour son incarcération.

Or, deux mois plus tard, Michel Cox sévit à nouveau. Avec des jumelles, des attaches autobloquantes (tie wrap) et une boîte de condoms, le prédateur cible une adolescente qui marche dans la rue Saint-Viateur, dans l’arrondissement d’Outremont. Il immobilise son véhicule — équipé d’un gyrophare — et s’identifie comme un policier en abordant la victime.

Michel Cox dit à l’adolescente de 16 ans qu’elle est suspecte dans un dossier de vente de drogue et lui menotte les mains à l’arrière du dos. Il pousse la victime sur la banquette arrière et lui place un masque sur les yeux. Comme le faux policier ne répond pas à ses questions, l’adolescente se met à crier de toutes ses forces et tente d’ouvrir la portière.

Mais pas question pour Michel Cox de laisser sa proie lui filer entre les mains. Alors que l’adolescente est à moitié sortie du véhicule, le prédateur la retient fermement. Il est carrément rendu à l’arrière de l’habitacle. Quand la portière s’ouvre enfin, ils tombent tous deux au sol. L’adolescente est sous le choc et crie à pleins poumons. Michel Cox prend la fuite en voiture. Il sera arrêté à Saint-Jérôme au terme d’une poursuite à grande vitesse.

Le résumé des faits présenté en cour n’en dit toutefois pas plus sur les plans subséquents de Michel Cox.

Délinquant dangereux ?

Alors qu’il avait été déclaré délinquant à contrôler il y a une quinzaine d’années, Michel Cox pourrait à nouveau recevoir une telle étiquette, voire celle de délinquant dangereux, réservée aux pires criminels. À la demande du procureur MOlivier Charbonneau, la juge Marie-Josée Di Lallo a ordonné que Michel Cox soit évalué à cet effet à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel. Le dossier revient en octobre prochain.

Michel Cox est défendu par MDiane Chartier.