L’ancien journaliste et directeur de l’Institut du Nouveau Monde (INM), Michel Venne, porte en appel son verdict de culpabilité pour agression et exploitation sexuelle, qui avait été rendu à la fin du mois de juin.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse

Dans l’avis d’appel remis au palais de justice de Québec, les avocats de Michel Venne, MLida Sara Nouraie et MNicholas St-Jacques, évoquent que le témoignage de l’accusé a été évalué « selon une norme plus rigoureuse » que celui de la plaignante.

« Nous avons reçu la signification d’un avis appel et d’une requête en autorisation d’en appeler. L’accusé soulève essentiellement des questions de droit et de faits », a confirmé à La Presse la porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), MAudrey Roy-Cloutier, en soulignant que plus d’informations seront fournies sur la suite des procédures prochainement.

Les avocats de Michel Venne affirment aussi que le juge Stéphane Poulin « a erré en droit en retenant des facteurs non pertinents à l’évaluation de la crédibilité de la plaignante ».

Rappelons que Michel Venne avait été reconnu coupable fin juin d’agression et exploitation sexuelle sur Léa Clermont-Dion alors qu’elle avait 17 ans. La poursuite a dit espérer que ce verdict encouragera d’autres victimes à porter plainte dans le futur.

La lettre de Lise Payette

Lors du procès, Léa Clermont-Dion a déclaré que Lise Payette, ancienne ministre d’État à la Condition féminine, l’avait accusée de « faire du tort à un ami ». Mme Payette lui a fait signer en décembre 2015 une lettre qui innocentait Michel Venne.

En 2017, Mme Clermont-Dion a contacté Lise Payette pour lui dire qu’elle n’était pas en accord avec le contenu de la lettre.

Dans l’avis d’appel, les avocats de l’accusé considèrent que ce document aurait dû être considéré comme un élément de preuve permettant de soulever un doute raisonnable. MNouraie et MSt-Jacques énoncent également que les démarches menées par Lise Payette n’auraient pas dû affecter la crédibilité de l’accusé.

Les faits au cœur de cette affaire se sont déroulés un soir d’août 2008 à Québec. Léa Clermont-Dion, alors stagiaire, rentrait à pied à son hôtel après une soirée organisée par l’INM. Michel Venne l’accompagnait. Léa Clermont-Dion a raconté que l’homme, aujourd’hui âgé de 60 ans, s’est alors mis à lui faire des avances, puis a tenté de mettre sa main dans sa culotte.

Michel Venne, lui, a plaidé le malentendu. Selon sa version, il avait simplement mis la main autour des épaules de la jeune femme. Le juge ne l’a pas cru. Le procès qui a duré deux semaines l’hiver dernier a été surtout axé sur les témoignages de la plaignante et de l’accusé.

Dans cette affaire, le juge Stéphane Poulin de la Cour du Québec avait été très clair dans son jugement : il a cru Léa Clermont-Dion, mais considère que la version de Michel Venne manquait de « franchise », de « sincérité » et était « calculée ».

La Presse est entrée en contact avec Léa Clermont-Dion. Elle ne souhaite pas commenter l’affaire pour l’instant.

Avec Gabriel Béland, La Presse