Un sans-abri dans la vingtaine lutte pour sa vie après avoir subi « des blessures sérieuses ». Le jeune homme était établi dans une tente sous un viaduc de l’arrondissement Ville-Marie, où un campement de sans-abri a pris naissance.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Entre deux gorgées de café, Roger soupire. L’homme dans la quarantaine s’est approché de la scène policière et il reste aux aguets. « Je ne reste pas ici, je suis plus loin. Mais je suis venu voir, car je veux savoir qui est la victime. C’est déplorable, ces évènements-là. On n’a aucune ressource, tout le monde se lance la balle », explique le sans-abri en serrant son gobelet de styromousse.

L’agression armée est survenue mardi peu après 8 h sous la portion élevée de la route 136, non loin de l’avenue Atwater. Une quinzaine de tentes y sont établies, formant un campement bien organisé. La scène est actuellement protégée par la Sûreté du Québec (SQ), puisque le réseau autoroutier est sous sa juridiction.

« La victime dans la vingtaine a été transportée à l’hôpital et on craint pour sa vie », a indiqué Béatrice D’Orsainville, porte-parole du corps policier.

Au passage de La Presse, les policiers interrogeaient une poignée de personnes aux mines désemparées. Un technicien en scène de crime est en direction des lieux pour éclaircir l’évènement.

Mary Fiodorosky, une résidante du coin, jetait un regard dépité au campement. Elle entend souvent des disputes nocturnes. À trois reprises, sa voiture a été dévalisée. Il y a des personnes en situation d’itinérance établies sous cette route depuis deux ans, mais les tentes se sont multipliées durant la pandémie, admet-elle. Leur présence ne lui fait ni chaud ni froid. « Bof, je viens de New York. Je connais ça, l’embourgeoisement. Je pense qu’on devrait faire plus pour ces gens. »