La Société de transport de Montréal (STM) a ouvert une enquête interne au sujet d’une arrestation musclée ayant eu lieu dans le métro samedi, qui a été filmée par des usagers.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Les images, qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux, ont été qualifiées de « troublantes » par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dans un message diffusé sur Twitter lundi.

On y voit deux inspecteurs de la STM qui tentent de maîtriser un homme noir, sur le quai de la station de métro Jean-Talon. L’un des agents frappe à plusieurs reprises l’homme, qui crie et se débat, tandis que des passants tentent de s’interposer.

Des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) arrivent ensuite en renfort.

Selon le compte rendu des évènements fourni par la STM, l’homme aurait franchi les tourniquets du métro sans payer. Interpellé par les inspecteurs, il aurait refusé de s’identifier et de collaborer, avant de prendre la fuite.

C’est alors que les agents l’ont poursuivi et immobilisé.

« Mordu au sang »

« Durant l’intervention, la personne mordra à plusieurs reprises les inspecteurs, causant des blessures qui ont requis des soins d’urgence », indique le porte-parole de la STM, Philippe Déry. « Le SPVM portera d’ailleurs des accusations de voies de fait causant des lésions. »

Même si elle indique qu’« une enquête interne s’amorce pour analyser l’ensemble des éléments et, notamment, l’usage de la force », la STM défend le travail de ses agents.

« Lors de telles interventions, nos inspecteurs appliquent le modèle en vigueur dans la majorité des corps policiers au Canada, qui stipule que la force appliquée doit être proportionnelle au degré de résistance et d’agressivité de la personne. Dans ce cas, la personne s’est montrée agressive, a résisté activement et a mordu au sang nos employés, refusant notamment de relâcher sa morsure, » explique M. Déry dans une déclaration écrite en réponse à nos questions.

Lors de la séance du conseil municipal de la Ville de Montréal, lundi, le conseiller de Snowdon Marvin Rotrand a posé des questions à l’administration au sujet de cette vidéo. « La STM a un problème de confiance du public et un grand nombre de Montréalais croient que les clients noirs sont ciblés par les inspecteurs et qu’une force excessive est souvent utilisée », a dénoncé le conseiller indépendant.

« Nous souhaitons que la lumière soit faite dès que possible sur cet incident », a répondu le conseiller Alex Norris, président de la Commission de la sécurité publique de la Ville.

À partir de juillet, les inspecteurs de la STM accéderont au statut de « constable spécial », ce qui leur conférera plus de pouvoirs pour intervenir. M. Norris a souligné que ce statut les rendra aussi plus « imputables » de leurs actes.