Le musicien, accusé d’avoir tué son ami à coup de guitare, a laissé une lettre à proximité de la baignoire où il a tenté de s’enlever la vie. Il y confie comment il aurait assassiné son ami et ce qu’il aurait fait du corps. « Ce que j’ai fait est horrible et inadmissible. Il n’y a pas de mots pour décrire ça », peut-on lire.

Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

Le procès devant jury de Raymond Henri Muller, accusé du meurtre prémédité et d’outrage au corps de Cédric Gagnon, s’est poursuivi lundi au palais de justice de Montréal. Benoit Joncas, un agent du Service de police de la Ville de Montréal, a raconté que le 31 août 2018, son partenaire et lui ont été les premiers répondants à arriver sur les lieux d’une possible tentative de suicide dans un immeuble connu comme était le « Rock Hotel », sur la rue Bernard.

Le policier a trouvé Muller dans une baignoire, blessé notamment aux bras et au cou, avec des couteaux à proximité de lui. « L’odeur et la vision, c’était assez choquant », a témoigné le policier. « J’ai eu le réflexe de croire qu’il était décédé. » Mais ce n’était pas le cas, l’accusé a même réussi à parler à Benoit Joncas, malgré le fait qu’il n’était « vraiment pas en bon état ».

PHOTO FOURNIE PAR LA COUR

La cuisine de l’accusé

Dans la cuisine de cet appartement, située juste à côté de la petite salle de bain, l’agent Joncas a trouvé une lettre manuscrite dans un cahier de notes. Il a rapidement compris qu’il s’agissait d’une « lettre de suicide » où on pouvait aussi y lire des « aveux de meurtre ».

La lettre, présentée aux membres du jury, donne bien des détails du crime qu’aurait commis le montréalais de 54 ans. Il y explique que le matin du 4 juillet 2018, après avoir dormi dans un parc, il est revenu au « Rock Hotel » où Cédric Gagnon, son ami et un des membres de son collectif de musique Pirates !, dormait sur le divan.

J’ai pris ma guitare basse et je l’ai matraqué à mort. J’ai ensuite traîné son corps dans la salle de bain, je l’ai mis dans la baignoire et je l’ai démembré.

Extrait de la lettre

Muller y explique avec détails les outils qu’il aurait utilisés pour dépecer le corps, dont une meuleuse et une scie. Il aurait ensuite jeté les morceaux du corps dans trois différentes poubelles. Le corps n’a jamais été retrouvé par les autorités.

L’accusé semblait submergé par les émotions lorsqu’il a écrit la fin de cette lettre. « Ce que j’ai volé au monde — un ami, un fils, un père, un amoureux, un musicien — d’une manière si horrible mérite un châtiment éternel », a mentionné Muller. Il a aussi signifié qu’il ne voulait plus être un fardeau pour la société.

« J’aimerais dire que je suis désolé, mais à quoi ça servirait ? Je suis allé retrouver Cédric », a-t-il conclu dans cette lettre.

Le procès, qui se tient devant la juge Lyne Décarie de la Cour supérieure du Québec, se poursuivra mardi.