Alors que les propos menaçants contre les politiciens explosent en ligne, la députée indépendante Catherine Fournier salue le travail des policiers longueuillois et du système judiciaire, grâce à qui un citoyen harceleur vient d’être condamné à 200 heures de travaux communautaires, assorties d’une interdiction totale d’accéder aux réseaux sociaux pendant trois ans.

Tristan Péloquin Tristan Péloquin
La Presse

L’homme de 41 ans, qui s’est aussi fait imposer de suivre une thérapie pour un problème de toxicomanie, avait commencé à harceler la députée de Marie-Victorin très régulièrement à l’été 2019.

« C’était des propos répétés à caractère menaçant. J’ai même reçu deux fois de sa part des photos de parties intimes à caractère sexuel », relate Mme Fournier.

« Il menaçait de venir chez moi. Il appelait aussi à mon bureau pour parler à mon équipe. C’était très décousu, je voyais qu’il avait un problème de santé mentale, mais quand c’est devenu très, très répétitif, nous avons décidé de porter plainte, et ça a marché. »

Le résidant de Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, a été rencontré par les policiers à son domicile une première fois. Il s’est alors engagé à cesser de harceler la députée, mais la trêve n’a pas duré. Ses propos harcelants ont repris de plus belle quelques semaines plus tard.

Il a été condamné pour harcèlement criminel et non-respect de conditions à la mi-mars. L’ordonnance de probation prononcée par le juge Marc Bisson lui interdit d’entrer en communication avec Mme Fournier, son personnel politique ainsi que sa famille. Il lui est aussi défendu de mentionner « directement ou indirectement » le nom de la députée sur l’internet.

On parle souvent des défauts du système judiciaire, mais il fonctionne, et je pense qu’on doit répéter le message : on ne doit pas laisser passer ce genre de comportements. C’est important de les dénoncer à la police.

Catherine Fournier

« Ça ne mène pas toujours à des accusations, mais dans ce cas-là, les agents de police de Longueuil sont venus à mon bureau pour prendre la déposition. Ils ont fait un travail sérieux, qui mérite d’être souligné. »

Explosion des cas

Le harcèlement et les menaces en ligne visant les politiciens connaissent depuis le début de la pandémie une recrudescence jamais vue auparavant. La Sûreté du Québec a reçu entre mars et septembre 2020 environ 300 signalements, soit six fois plus qu’à l’habitude.

Un homme de Val-des-Monts, Raymond Têtu, est accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre Justin Trudeau, sa famille et les membres du Parlement canadien, ainsi que d’avoir conseillé à ses abonnés sur Twitter de tirer sur des policiers.

La Couronne a ajouté quatre nouveaux chefs d’accusation contre lui cette semaine, dont une accusation d’incitation à la haine.

L’homme de 51 ans, qui tenait des propos niant l’existence de la pandémie sur Facebook avant son arrestation, devait subir son enquête sur remise en liberté cette semaine, mais elle a dû être repoussée à la semaine prochaine parce qu’il a attrapé la COVID-19 en détention, a annoncé son avocat mercredi.

Les chefs d’accusation de menaces auxquels il fait face ont été déposés quelques jours après que les policiers ont découvert chez lui, le 20 janvier, plusieurs armes prohibées, dont des mitraillettes, des coups-de-poing américains, des silencieux pour armes à feu ainsi que de la cocaïne et de l’argent contrefait.

Un résidant de Gatineau, Kevin Goyette, fait aussi face à des accusations d’intimidation, de harcèlement et d’entrave au travail des policiers pour avoir « sciemment proféré une menace de causer la mort ou des lésions corporelles » contre Justin Trudeau, François Legault et Horacio Arruda, en juillet dernier.