Une ex-employée d’un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de l’est de Montréal a récemment été condamnée à 18 mois de prison à domicile pour avoir volé 78 000 $ à des personnes âgées vulnérables. Stéphanie Racette pigeait sans gêne dans la « petite caisse » destinée aux activités des résidants.

Publié le 14 févr. 2021
Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Accusée de fraude en octobre 2019, la femme de 37 ans a plaidé coupable à deux chefs d’accusation de vol et d’usage de faux, le 29 janvier dernier, au palais de justice de Montréal, devant la juge Anne-Marie Lanctôt.

Stéphanie Racette était agente administrative au CHSLD Jeanne-Le Ber lorsqu’elle a sévi au début des années 2010. L’affaire avait d’ailleurs fait les manchettes à l’été 2015 à la suite de son congédiement. Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal avait découvert des « opérations irrégulières » dans les comptes de 334 patients ou anciens patients grâce à une enquête interne. Un montant de 127 084 $ avait été prélevé des comptes des patients, selon le CIUSSS.

Devant le tribunal, Stéphanie Racette a reconnu avoir pigé 78 000 $ dans la « petite caisse » des résidants du CHSLD de la rue Hochelaga en 2014. La majorité des résidants était alors sous curatelle publique.

Fausses inscriptions aux registres

Son stratagème était relativement simple. L’employée faisait de fausses inscriptions aux divers registres pour faire état d’activités diverses pour les résidants. Or, ces activités n’existaient pas réellement. Les transactions se faisaient à coups de petites sommes.

Quatre ans se sont écoulés entre le congédiement de l’employée et le dépôt des accusations criminelles, puisque le CIUSSS a mis un certain temps pour dénoncer les infractions aux forces de l’ordre.

La juge Lanctôt a entériné la suggestion commune des avocats pour imposer une peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis à Stéphanie Racette. Elle évite ainsi la prison ferme pour ses crimes.

La juge a pris en compte plusieurs facteurs dans l’imposition de la peine, dont la rapidité avec laquelle l’accusée a plaidé coupable, ses problèmes de dépression à l’époque et le remboursement de 40 000 $ au CIUSSS.

MNicolas Ammerlaan a représenté le ministère public dans ce dossier, alors que l’accusée était défendue par Me Mélanie Brochu.