Un homme qui a agressé sexuellement une parfaite inconnue dans les toilettes pour femmes d’un Tim Hortons, en 2018, a été reconnu coupable de six chefs d’accusation, dont agression sexuelle, séquestration et voies de fait contre un policier.

Publié le 7 févr. 2021
Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

Dans sa fuite, Edwin Alexander Santamaria, 40 ans, avait également frappé un agent de la paix et tenté de prendre son arme de service. Il a été reconnu coupable par la juge Sonia Mastro Matteo, le 20 janvier dernier.

Les évènements sont survenus dans un Tim Hortons de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, le 7 octobre 2018, en milieu d’après-midi. Alors que son conjoint était resté dans leur voiture, stationnée près du restaurant rapide, la victime s’est rendue dans l’établissement pour utiliser ses toilettes. Un employé lui a ouvert la porte des toilettes des femmes en appuyant sur un bouton.

En entrant dans l’une des cabines, la victime a découvert avec stupéfaction qu’un homme s’y trouvait, appuyé contre le mur du fond, a-t-elle témoigné.

Edwin Alexander Santamaria s’est alors rué sur elle avec force, ce qui a créé une violente altercation physique. D’ailleurs, des sangles du manteau de la victime se sont déchirées pendant l’agression.

La victime a témoigné que tout en essayant de se dégager de son emprise, elle criait pour alerter les clients dans le Tim Hortons. L’assaillant lui mettait une main sur la bouche pour étouffer ses cris tout en continuant de la retenir de l’autre. À deux reprises, la victime s’est retrouvée au sol.

Pendant ces évènements, qui ont duré quelques minutes, la femme a raconté que M. Santamaria avait « écrasé » ses lèvres sur les siennes. Puisqu’elle bougeait sa tête pour l’empêcher de l’embrasser, elle a ajouté que les lèvres de l’accusé se sont retrouvées sur ses joues et qu’il tentait avec ses mains de maîtriser sa tête pour qu’elle ne puisse plus bouger.

Lorsque la victime s’est retrouvée au sol pour la deuxième fois, le résidant de Saint-Léonard a exercé de la pression sur sa gorge, « sans toutefois l’empêcher de respirer complètement », peut-on lire dans le jugement.

Une dame et un enfant ont alors essayé d’entrer dans la toilette des femmes. Toujours selon la victime, M. Santamaria s’est alors dirigé vers la porte pour les empêcher de l’ouvrir. Au moyen des vidéos captées par les caméras de surveillance du Tim Hortons, le tribunal a pu observer que la porte a fini par s’ouvrir et que l’agresseur est sorti, suivi par sa victime. À l’extérieur du restaurant, elle a demandé à son conjoint de courir derrière M. Santamaria, ce qu’il a fait.

Des policiers présents ont intercepté le coupable, qui, en plus de se débattre, a frappé l’un d’eux et a tenté de prendre son arme de service. Avec l’aide d’un résidant, ils ont finalement arrêté l’accusé.

Le prédateur a nié l’accusation d’agression sexuelle, mais la juge n’a pas retenu la thèse de la défense, qui plaidait que « rien dans la preuve ne démontre un geste volontaire de la part de M. Santamaria de commettre des gestes de nature sexuelle ».

Edwin Alexander Santamaria a donc été reconnu coupable des six chefs d’accusation et connaîtra sa peine prochainement. La procureure de la Couronne, MLouise Blais, pourrait également demander qu’il soit évalué afin d’être déclaré délinquant à contrôler ou délinquant dangereux.