Le juge Steeve Larivière a rendu sa décision mardi après-midi au procès du chanteur Éric Lapointe, qui a plaidé coupable à une accusation de voies de fait à l’endroit d’une femme en cour municipale : absolution conditionnelle.

Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

Cette absolution conditionnelle, qui était la suggestion commune des avocats de la Couronne et de la défense, est assortie d’une probation d’un an où M. Lapointe doit « garder la paix et avoir une bonne conduite ». Il doit aussi s’abstenir de communiquer avec la plaignante ou d’être en présence physique de celle-ci, sauf avec son consentement.

Éric Lapointe était à la cour municipale mardi pour entendre la décision du juge. Par contre, la victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, n’était pas présente.

Le juge a indiqué que la suggestion commune d’absolution conditionnelle présentée par les parties lui apparaissait « raisonnable », d’autant qu’un casier judiciaire serait « dommageable » pour le chanteur de 51 ans.

« Sans diminuer l’importance de l’infraction commise par le défendeur, puisque la violence conjugale se doit d’être dénoncée par tous les tribunaux et être traitée de façon sérieuse, l’attribution d’un casier judiciaire entraînerait potentiellement, selon une évaluation faite par le tribunal de l’ensemble de la preuve présentée, des conséquences importantes pour le défendeur », a expliqué le juge.

Parmi les raisons évoquées pour justifier sa décision, M. Larivière a indiqué que M. Lapointe n’avait pas d’antécédent judiciaire, qu’il avait entrepris de son propre chef un processus thérapeutique et qu’il avait fait un don de 3000 $ au programme Côté cour, visant à offrir de l’aide spécialisée à des personnes victimes de violence conjugale ou familiale.

Également, lorsqu’il a comparu le 7 octobre dernier devant le juge pour plaider coupable, Éric Lapointe a présenté ses excuses et ses remords. « Ces remords paraissent sincères. »

« Le plaidoyer de culpabilité du défendeur est un facteur atténuant d’autant plus qu’il a été fait en temps utile, un certain temps avant la tenue du procès, a dit le juge. Il évite ainsi à la victime d’avoir à témoigner sur les circonstances entourant l’infraction, ce qui aurait, selon ce que le tribunal décode des propos de la procureure de la poursuivante, été difficile pour elle. »

En ce qui concerne la demande des deux parties d’accorder le droit à Éric Lapointe de communiquer avec la victime ou d’être en présence physique de celle-ci, Steeve Larivière a demandé à la procureure MChristine Plourde si c’était nécessaire de l’inclure dans la suggestion commune. Elle a répondu que ce n’était pas une demande de la victime.

L’avocat du chanteur, MJacklin Turcot, a ajouté que c’était « nécessaire pour les parties » et « dans l’intérêt de tout le monde ».

À la sortie de la cour municipale, Éric Lapointe n’a pas voulu faire de commentaire.

Rappelons que l’exposé conjoint des faits, signé par les deux parties, racontait que les évènements sont survenus après une soirée où le chanteur célébrait son 50e anniversaire. « Une fois la soirée de fête terminée, raconte-t-on dans le document, M. Lapointe retourne à son domicile, accompagné d’une amie, afin de continuer de festoyer. »

Vers 6 h 45 le matin, une autre femme, c’est-à-dire la victime qui était sobre au moment des faits, s’est rendue à la cuisine où M. Lapointe est assis, « seul et intoxiqué ». Après des échanges tendus, l’artiste a posé sa main sur le cou de cette dernière tout en l’adossant contre le garde-manger.