Le criminel récidiviste Daniel Arsenault a été condamné mardi à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 17 ans pour le meurtre de Chloé Bellehumeur-Lemay. La jeune mère de 22 ans se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment lors d’un braquage dans un bar de Lanaudière en 2018.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 54 ans a plaidé coupable mardi au palais de justice de Joliette à des chefs de meurtre au second degré et d’incendie criminel. Son procès pour meurtre au premier degré devait s’amorcer en janvier prochain. La juge Johanne St-Gelais a entériné la suggestion de peine des avocats.

Daniel Arsenault, un homme à la longue feuille de route criminelle, ne connaissait pas du tout Chloé Bellehumeur-Lemay avant de lui enlever la vie, le 1er juillet 2018.

Cette nuit-là, l’accusé se rend au bar 239, à Saint-Gabriel-de-Brandon, dans le but de commettre un vol. Un peu après 3 h du matin, Chloé Bellehumeur-Lemay est en train de fermer le bar. Lorsqu’elle ferme les lumières, Daniel Arsenault se précipite vers le comptoir où se trouve la serveuse. Il est cagoulé et armé d’un couteau.

« L’accusé menace la victime à la pointe de son couteau, il la dirige ensuite vers la salle de bain, dans l’intention de la maîtriser, toujours en la menaçant avec son couteau », indique le résumé des faits déposé en cour.

C’est à ce moment que Daniel Arsenault poignarde la victime dans le cou. Cet unique coup s’avère fatal pour la jeune femme. Le meurtrier fouille ensuite le bar pour trouver de l’argent. Mais pendant ses recherches, il retire sa cagoule. Une décision qui causera sa perte, puisque les caméras de surveillance du bar permettront de l’identifier.

Quelques minutes plus tard, Daniel Arsenault démarre un feu dans les cuisines du bar pour « camoufler » son crime. Le résidant qui habitait au-dessus du bar a heureusement pu sortir de l’immeuble à temps. Les secours ont également eu le temps d’évacuer le corps de la victime avant que l’incendie se propage partout dans le bar.

Selon son avocat, MPatrick Davis, Daniel Arsenault a « toujours clamé » n’avoir jamais voulu tuer la victime pendant son vol qualifié. Comme son client se trouve derrière les barreaux depuis son arrestation, il sera admissible à sa libération conditionnelle dans un peu moins de 15 ans. Notons qu’une telle libération n’est jamais automatique.

Daniel Arsenault a déjà passé de nombreuses années derrière les barreaux pour des affaires de vol et d’agression armée. Depuis les années 80, le criminel n’a jamais cessé de récidiver pendant des périodes de liberté illégale. Lors de sa dernière libération conditionnelle, il lui était carrément interdit de se trouver à Joliette ou à Rawdon. Ses nombreux antécédents ont d’ailleurs été déterminants dans l’imposition de sa peine.

Dans une décision de décembre 2016, la Commission des libérations conditionnelles du Canada indique que les pronostics de réhabilitation de Daniel Arsenault sont « sombres », alors que son risque de récidive violente est considéré « faible/modéré ».

« Votre impulsivité et votre imprévisibilité demeurent des sources de préoccupations importantes pour vos intervenants », écrivaient les commissaires, en révoquant alors sa libération d’office.

MMarc-André Ledoux a représenté le ministère public.