Une femme de 32 ans, Mélanie Binette, a été condamnée à 17 ans de pénitencier par un juge de la Cour supérieure lundi, relativement aux meurtres de deux Rock Machine commis en décembre 2016, à Vaudreuil-Dorion, au sud-ouest de Montréal.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

Lors de la première journée de la sélection du jury pour son procès, le 13 octobre, Binette a plaidé coupable à deux chefs réduits d’homicide involontaire et à un chef d’avoir déchargé une arme à feu, après qu’une entente soit intervenue entre les avocats de la Poursuite et de la Défense.

Initialement, la femme faisait face à des accusations de meurtre et de tentative de meurtre.

Son coaccusé dans cette affaire, Richard Hunt, a déjà été condamné à la prison à vie, sans admissibilité à une libération conditionnelle avant 25 ans, après avoir été déclaré coupable de meurtres et d’une tentative de meurtre, par un jury.

Les deux victimes dans cette affaire sont deux membres du club de motards Rock Machine, Joseph Fluet — aussi connu sous le nom d’Éric Lefebvre —, et Steven Lamarsh.

Hunt, qui fréquentait Mélanie Binette depuis dix ans, avait une dette de drogue envers Fluet et sentait de plus en plus la pression de ce dernier qui cherchait à se faire rembourser.

Traquenard mortel

Dans le but de rembourser Fluet, Hunt a invité ce dernier et Lamarsh à se rendre dans un boisé situé près de la montée Alstonvale, à la limite de Vaudreuil-Dorion et de Hudson, pour déterrer une somme d’argent qu’il aurait supposément volée antérieurement. Une femme, Rachel Wickenheiser, accompagnait les deux Rock Machine.

C’est Mélanie Binette qui a guidé le trio jusqu’à l’endroit mais lorsque les deux motards et la femme sont arrivés sur les lieux et ont commencé à creuser, Hunt, tapi tout près, a ouvert le feu sur eux, tuant les deux hommes et blessant la femme à une jambe. Au total, 11 projectiles ont été tirés. Un des deux hommes est mort dans les bras de Rachel Wickenheiser.

« La participation de l’accusée dans les crimes commis par Richard Hunt est importante. L’accusée, lorsqu’elle a dirigé dans le boisé Joseph Fluet, Steven Lamarsh et Rachel Wickenheiser, a conduit ceux-ci aux mains de Richard Hunt alors qu’elle le savait armé. En l’espèce, deux personnes ont tragiquement perdu la vie et une autre personne a subi des lésions physiques et un traumatisme psychologique très important », écrit notamment le juge Éric Downs de la Cour supérieure dans son jugement.

Triomphe de la vérité

À noter que lors du procès de Hunt, Binette a témoigné pour la Défense et affirmé que le couple avait été forcé de se rendre sur place sous la contrainte de Lamarsh et de Wickenheiser, dont elle a dit qu’ils étaient armés, ce qui était faux.

« Ainsi l’adage suivant lequel la vérité triomphe toujours a fini par s’imposer. L’accusée, en plaidant coupable et en reconnaissant les faits énoncés à l’exposé conjoint comme étant la vérité, a finalement permis que la zone d’ombre artificiellement créée par son témoignage antérieur soit dissipée ».

« Le plaidoyer de culpabilité et la reconnaissance des faits par l’accusée, même s’ils surviennent très tardivement, constituent néanmoins des facteurs dont le Tribunal doit tenir compte pour mitiger la peine de l’accusée et ce, à la lumière de l’ensemble des circonstances », écrit encore le juge Downs.

En soustrayant la période passée en détention préventive, il reste à Mélanie Binette 11 ans de pénitencier à purger.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.