Un ex-enseignant au secondaire de Montréal risque au moins un an de prison pour avoir eu des discussions sexuellement explicites avec d’anciennes élèves et leur avoir envoyé des vidéos de son organe sexuel. Francis Faille voulait « faire le party » avec l’une de ses victimes et se disait prêt à aller « tellement loin » en matière sexuelle.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

L’homme de 46 ans a plaidé coupable à deux chefs d’accusation de leurre informatique d’un mineur et d’avoir rendu accessible à un enfant du matériel sexuellement explicite dans les dernières semaines au palais de justice de Montréal.

Francis Faille a été enseignant d’histoire de 2016 à 2017 à l’école secondaire Édouard-Montpetit, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Il enseignait notamment dans des programmes adaptés aux jeunes ayant des troubles d’apprentissage.

À l’été 2017, il fait des demandes d’amitié à d’anciens élèves sur Facebook. Il commence alors à discuter sur Messenger avec une adolescente de 16 ans. L’enseignant parle régulièrement de sexe, de consommation d’alcool et de drogue dans leurs conversations.

Un soir, vers 22 h 30, Francis Faille propose à la victime de « faire le party » chez lui en buvant de la bière et en fumant des joints. « Il ajoute être ouvert d’esprit et avoir déjà essayé avec des transsexuels, être toujours horny dans la vie et propose de poursuivre en cam[éra] », a expliqué à la cour l’avocat de la défense, MCharles Benmouyal, en résumant les faits admis.

« En parlant d’apprentissage sexuel, l’accusé dit être prêt à faire plaisir à une belle petite mignonne en référant à [la victime]. Il ajoute être prêt à aller tellement loin et lui montrer ben des affaires », a ajouté l’avocat.

Francis Faille tente de contacter par vidéo la victime, mais cette dernière refuse. L’accusé lui envoie alors une vidéo de son pénis en érection. La victime met fin à la conversation, mal à l’aise. Plus tard, Francis Faille dit à la victime que son comportement était « complètement déplacé ». L’adolescente porte plainte à la police.

« Aversion à voir les deux victimes témoigner »

Au cours de la même période, Francis Faille discute avec une ancienne élève âgée de 15 ans. Des conversations virtuelles retrouvées par la police montrent que l’accusé a montré ses parties sexuelles à la victime sur l’application Skype. C’est ce qui correspond au chef d’accusation d’avoir transmis ou distribué du matériel sexuellement explicite à un mineur.

Selon son avocat, Francis Faille était sous l’effet de la cocaïne à l’époque. Depuis son arrestation, il y a trois ans, il a perdu son emploi et s’est pris en main pour s’attaquer à sa dépendance à l’alcool et à la drogue. Il plaide d’ailleurs coupable en insistant sur son « aversion à voir les deux victimes témoigner », a indiqué MBenmouyal.

Un rapport présentenciel doit être préparé en vue des observations sur la peine. L’affaire reviendra en cour le mois prochain devant la juge Sylvie Durand. Me Jérôme Laflamme représente le ministère public.