Après François Legault, Horacio Arruda ou encore Pascal Bérubé, la mairesse de la métropole, Valérie Plante, est à son tour victime de messages à caractère haineux. Un Montréalais vient d’être accusé de menaces de mort et de harcèlement criminel contre l’élue municipale.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Vincent Rochette, un résidant de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, fait face à deux chefs d’accusation, selon un document judiciaire consulté par La Presse. Il aurait entre autres « sciemment proféré une menace de causer la mort ou des lésions corporelles » à la mairesse Plante.

On l’accuse également d’avoir « agi à l’égard de Valérie Plante dans l’intention de la harceler, ou sans se soucier qu’elle se sente harcelée ». Ses gestes auraient eu pour effet de faire « raisonnablement craindre » à la mairesse que sa propre sécurité « ou celle d’une de ses connaissances » était en danger. Les faits se seraient déroulés aux alentours du 8 septembre 2020.

Joint par La Presse, le cabinet de la mairesse indique qu’il ne commentera pas ce dossier précis, mais réitère néanmoins qu’il « suit de près toute forme de menace ou de violence en ligne ».

Comme nous l’avons déjà dit, la mairesse de Montréal a une politique de tolérance zéro avec la violence et les menaces, peu importe leur forme.

Geneviève Jutras, porte-parole au cabinet de la mairesse

L’accusé doit comparaître jeudi matin devant un juge. Selon ce que rapporte le plumitif criminel, M. Rochette ne possède aucun antécédent particulier, ni de casier judiciaire.

« J’en reçois depuis que je suis élue »

Ce n’est pas la première fois que Mme Plante est menacée depuis son entrée en poste, en novembre 2017. L’an dernier, elle avait été victime de propos violents et menaçants en raison de ses prises de position contre le projet de loi sur la laïcité de l’État du gouvernement Legault.

Il y a près de deux semaines, la chef de Projet Montréal a été questionnée au sujet de ces menaces, lors d’une entrevue sur le plateau de Tout le monde en parle. « Je dirais que j’en reçois depuis que je suis élue », avait-elle répondu, avant d’ajouter : « on ne s’habitue jamais ».

« Dans tous les cas, ça dépasse les bornes. On peut ne pas être en accord avec les décisions qui sont prises, mais faire des menaces, c’est inacceptable », avait-elle ajouté.

Jeudi dernier, un homme de 45 ans avait aussi été arrêté en soirée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour avoir proféré des menaces de mort en ligne contre plusieurs élus à travers le monde, dont les premiers ministres François Legault et Justin Trudeau.

Rappelons que l’an dernier, entre les mois de mars et de septembre, la Sûreté du Québec (SQ) a reçu 53 signalements pour des propos menaçants visant des élus de l’Assemblée nationale. Cette année, à la même période, le corps policier en a déjà reçu environ 300, soit près de six fois plus. « Pensez aux conséquences avant d’appuyer sur enter », avait notamment illustré sur Twitter l’ancien inspecteur-chef, Guy Lapointe, il y a quelques semaines.

- Avec Louis-Samuel Perron, La Presse