Lundi soir, plus de 2650 personnes avaient signé une pétition sur l’internet réclamant le retour de Martin Prud’homme à la tête de la Sûreté du Québec (SQ).

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Cette pétition, qui porte le titre de « Sûreté du Québec, pour le retour de Martin Prud’homme », a été mise en ligne par une personne anonyme vendredi dernier.

Elle s’adresse à la ministre de la Sécurité publique du Québec Geneviève Guilbault, qui a annoncé vendredi qu’un processus visant à destituer le directeur général de la SQ a été entrepris après qu’elle eut reçu un rapport d’un comité de trois experts mandatés par le Secrétariat des emplois supérieurs du gouvernement, qui concluent que Martin Prud’homme a commis une faute déontologique grave.

Ces trois experts sont MMichel Bouchard, ancien sous-ministre à la Justice, Louis Sormany, ancien secrétaire général associé à l’éthique, et Luc Chamberland, ancien directeur du contentieux au ministère de la Justice.

Rappelons que Martin Prud’homme a été relevé provisoirement de ses fonctions le 6 mars 2019 parce qu’il faisait face à des allégations criminelles. C’est la directrice des poursuites criminelles et pénales, MAnnick Murphy, qui a porté plainte contre lui le même jour, pour entrave et abus de confiance, à la suite d’une conversation téléphonique que les deux ont eue le 23 octobre 2017, 16 mois plus tôt.

M. Prud’homme a été blanchi de toute accusation criminelle mais a dû, et doit encore, faire face à une enquête éthique et déontologique, car son poste relève des emplois supérieurs du gouvernement.

Objectif : 5000 noms

L’objectif de la pétition est de 5000 signataires.

Durant des entrevues accordées dans les médias et dans un communiqué diffusé vendredi, Martin Prud’homme a demandé aux policiers de la SQ et du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), dont il a été l’administrateur provisoire en 2018, « de garder la tête haute et de continuer à croire en la justice » qu’ils défendent.

Il y a 4500 policiers au SPVM et 5800 à la SQ.

Selon nos informations, plusieurs centaines de policiers de la SQ et du SPVM figureraient, jusqu’à maintenant, parmi les signataires la pétition.

« Martin Prud’homme, que je ne connais pas, est selon moi traité de façon injuste sur la place publique, ne bénéficiant pas de la présomption d’innocence », écrit notamment un policier de la SQ, Pierre-Luc Brisson, sur la page de la pétition.

Le président de l’Association des policiers provinciaux du Québec, Pierre Veilleux, qui s’était prononcé pour le retour de Martin Prud’homme en mars dernier, a préféré ne pas faire de commentaire pour le moment.

De son côté, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francœur, a confirmé que quelques centaines de ses membres avaient signé la pétition jusqu’à maintenant.

« Ce que nos gens déplorent, c’est que même si les accusations au criminel finissent en queue de poisson, les autorités se servent de ces informations pour ramasser les policiers en discipline. Cela avait été souligné dans le rapport de MBouchard sur les allégations aux affaires internes du SPVM. »

« Je me demande pourquoi MMurphy a attendu 16 mois pour déposer sa plainte. Comme plusieurs personnes du monde policier, incluant des directeurs auxquels j’ai parlé, personne ne comprend et ne remet en doute la rigueur et l’honnêteté de Martin Prud’homme », a déclaré M. Francœur.

Vendredi, la ministre Guilbault a donné à la Commission de la fonction publique le mandat d’enquêter sur les reproches faits à Martin Prud’homme et de recommander sa destitution ou non.

Si c’est le cas, un vote sera soumis à une majorité des deux tiers de l’Assemblée nationale.

Depuis que M. Prud’homme a été relevé de ses fonctions, c’est Johanne Beausoleil qui assure l’intérim à la tête de la SQ.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.