(Montréal) Le meurtrier d’une fillette de neuf ans, dont l’enlèvement et la mort en 1984 avaient bouleversé le Canada et entraîné la condamnation d’un innocent, a été identifié 36 ans plus tard grâce à son ADN, a annoncé jeudi la police de Toronto.

Agence France-Presse

Les enquêteurs ont expliqué avoir découvert son identité en envoyant un échantillon d’ADN de sperme prélevé sur les sous-vêtements de la fillette à un laboratoire américain spécialisé dans la « généalogie génétique », qui a pu finalement faire ressortir le nom de Calvin Hoover, mort en 2015.

Cet homme, âgé de 28 ans au moment des faits, s’est enlevé la vie selon plusieurs médias. Il était proche de la famille de la jeune victime, enlevée, violée puis tuée à coups de couteau près de Toronto.

« S’il était vivant aujourd’hui, la police de Toronto irait arrêter Calvin Hoover pour le meurtre de Christine Jessop », a déclaré lors d’une conférence de presse le chef intérimaire de la police de Toronto, James Ramer.

La fillette avait été enlevée après avoir quitté son domicile de Queensville (nord de Toronto) le 3 octobre 1984. Son corps avait été retrouvé près de trois mois plus tard dans un champ à une cinquantaine de kilomètres de là.

Un voisin des Jessop, Guy Paul Morin, avait été arrêté en 1985 et condamné à la prison à vie pour ce meurtre. Il avait toujours clamé son innocence, avant d’être finalement disculpé par des analyses d’ADN puis remis en liberté en 2015.  

Après cette erreur judiciaire, le gouvernement de l’Ontario lui avait versé 1,25 million de dollars de dédommagements.

La découverte de l’identité du meurtrier de la fillette a soulevé de nouvelles questions sur les derniers jours de la vie de la petite Christine, a expliqué le porte-parole de la police qui a lancé un appel à témoins.

M. Morin, prévenu en personne de cette découverte par la police de Toronto, s’est dit heureux que son honneur soit définitivement lavé.

« C’est quelque chose que j’ai toujours espéré », a-t-il déclaré à la presse. « Le système judiciaire m’a laissé tomber, mais la science m’a sauvé ».