Simon Brind’Amour a eu un « réel court-circuit » dans son cerveau au moment de battre à mort Josiane Arguin avec une baguette de billard, il y a deux ans. Il n’a jamais eu « l’intention » de tuer sa conjointe, puisque son « cerveau a craqué », a martelé mardi son avocat, qui réclame un verdict d’homicide involontaire.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Un mois après le début du procès de Simon Brind’Amour pour meurtre au second degré, c’était au tour de l’accusé de présenter sa version des faits. L’avocat du Montréalais de 38 ans a annoncé que son client entend témoigner pour expliquer, « tant bien que mal », ce qui s’est passé le soir fatidique du 1er septembre 2018. MMaxime Raymond a toutefois prévenu le jury que M. Brind’Amour ne sera « pas capable » d’expliquer les évènements. L’accusé a d’ailleurs amorcé son témoignage en fin d’après-midi, mardi.

« Le cerveau humain, c’est quelque chose de complexe. Ce sont des réseaux de tissus, de matières grises. Mais parfois, un cerveau, ça craque. Malheureusement, c’est ce qui est arrivé le 1er septembre 2018. Un cerveau a craqué. Le cerveau n’a pas fonctionné adéquatement », a expliqué au jury MRaymond dans son exposé d’ouverture de défense.

Un cocktail d’ingrédients a provoqué un « réel court-circuit dans l’esprit et le cerveau » de Simon Brind’Amour, il y a deux ans. Selon la défense, le couple vivait d’importants problèmes financiers à cette époque et avait une consommation « déraisonnable » d’alcool et de drogue, dont des « drogues dures ».

Ces éléments se sont « conjugués » avec le comportement de « violence, de dénigrement et de crise de la part de Josiane Arguin » pour provoquer un « effet » sur Simon Brind’Amour, le 1er septembre 2018, plaide MRaymond. C’est dans ce contexte particulier que Simon Brind’Amour aurait tué sa conjointe, selon la défense.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Josiane Arguin

La défense demande ainsi au jury de déclarer Simon Brind’Amour coupable d’homicide involontaire, mais de conclure à un doute raisonnable pour écarter le meurtre au second degré. « On va vous expliquer pourquoi l’accusé n’avait pas cette intention [de tuer], lorsqu’il est sorti à la suite de la victime », a expliqué MRaymond.

La preuve de la Couronne démontre que Simon Brind’Amour est passé aux aveux à deux reprises à l’automne 2018. Ces confessions sont au cœur du procès, puisque le corps de la femme de 34 ans n’a jamais été retrouvé.

Un mois après la soi-disant « disparition » de Josiane Arguin, Simon Brind’Amour a d’abord avoué son crime à son ancienne conjointe avant de déballer son sac en interrogatoire aux policiers en novembre 2018. Un récit à glacer le sang.

« Elle s’en va dehors dans la cour et saute dans la haie de cèdres en criant : ‟Je me fais battre, je me fais battre !” […] J’ai pogné une baguette de pool. Je suis parti en lui disant : ‟Crisse, tu veux être une femme battue, osti. Tu vas savoir c’est quoi, une femme battue !” […] Je l’ai battue à mort à coups de bâton », a-t-il avoué aux policiers après son arrestation.

Dans sa confession à son ex-conjointe Sandra Cormier, Simon Brind’Amour a avoué avoir nettoyé la scène à la Dexter, puis avoir transporté la dépouille dans un autobus pour s’en débarrasser dans les ordures quelques jours plus tard. Pendant des semaines, l’accusé aurait donc menti aux policiers et à la famille de Josiane en participant même aux recherches pour la retrouver.

MKaterine Brabant et MLouis Bouthillier représentent le ministère public. La juge Hélène di Salvo préside le procès.