(Wendake) La petite communauté de Wendake s’est réveillée dimanche dans la stupeur et l’incompréhension, à la suite de la mort de garçons de 2 et 5 ans dans ce qui a des allures de double meurtre. Un homme de 30 ans s’est livré à la police.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« La famille était connue, car un des enfants fréquentait le CPE. L’autre était à l’école primaire. C’étaient des enfants de chez nous », a réagi le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui.

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Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat

M. Sioui était visiblement ébranlé par ce drame, le plus violent survenu à Wendake « de mémoire de grand chef ».

Quand on voit nos petits-enfants qui payent le prix d’une société peut-être rendue fatiguée et malade… Ça blesse.

Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat

La Sûreté du Québec (SQ), qui mène l’enquête, refuse de confirmer s’il s’agit d’un drame familial. Elle a été appelée vers 2 h par les policiers de Wendake, réserve autochtone en banlieue de Québec.

Les corps ont été retrouvés dans une résidence de la Chef Nicolas-Vincent. Puis, au petit matin, un homme de 30 ans s’est livré à la police de Québec.

  • Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat, était visiblement ébranlé par ce drame, le plus violent survenu à Wendake « de mémoire de grand-chef ».

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    Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat, était visiblement ébranlé par ce drame, le plus violent survenu à Wendake « de mémoire de grand-chef ».

  • Le grand chef Konrad Sioui discute avec les policiers et les enquêteurs sur la scène de crime.

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    Le grand chef Konrad Sioui discute avec les policiers et les enquêteurs sur la scène de crime.

  • Des voisins se sont rassemblés à la mémoire des enfants, près de l’église qui s’élève à quelques dizaines de mètres du logement où les corps des enfants ont été trouvés.

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    Des voisins se sont rassemblés à la mémoire des enfants, près de l’église qui s’élève à quelques dizaines de mètres du logement où les corps des enfants ont été trouvés.

  • Plusieurs enfants, amis des petites victimes, sont venus spontanément déposer des peluches, au pied d’un érable près de l’église.

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    Plusieurs enfants, amis des petites victimes, sont venus spontanément déposer des peluches, au pied d’un érable près de l’église.

  • Cheryl Tenasco, Anichinabée et résidante de Wendake, est venue sur les lieux avec un tambour chanter une chanson.

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    Cheryl Tenasco, Anichinabée et résidante de Wendake, est venue sur les lieux avec un tambour chanter une chanson.

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Détenu en lien avec le double meurtre, il a été envoyé à l’hôpital pour évaluation, puis interrogé par les enquêteurs. Les policiers tentent toujours de faire la lumière sur les évènements.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’homme serait originaire de la Côte-Nord. Il ne s’agirait pas d’un Wendat.

À quelques dizaines de mètres du logement où les corps des enfants ont été trouvés s’élève l’église. C’est là, au pied d’un érable, que des voisins sont venus spontanément déposer des peluches. Plusieurs enfants, amis des petites victimes, se sont succédé.

« C’est des enfants. Ça touche le cœur. On mérite mieux pour nos familles », a lâché, la voix tremblotante, Cheryl Tenasco résidante de Wendake et Anichinabée. La dame est venue sur les lieux avec un tambour chanter une chanson. « C’est une chanson pour dire merci au Créateur pour la vie. »

Des autochtones de plusieurs nations habitent Wendake, et des non-autochtones aussi. La famille décimée serait originaire de Sept-Îles. « C’étaient des enfants de chez nous, il n’y a pas de différence entre quiconque », a dit Konrad Sioui.

Aide en santé mentale

Le grand chef a reçu dimanche un appel du nouveau ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière. Québec a offert de l’aide pour des services psychologiques.

Le ministre a aussi réagi au drame dimanche matin.

Mes premières pensées vont aux proches et à la famille de ces deux jeunes enfants. Il n’y a pas de mot pour décrire un drame semblable. Mon cœur de père est bouleversé. La SQ fera la lumière sur les évènements.

Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones, sur Twitter

Le grand chef wendat pense que sa communauté pourrait avoir besoin d’aide pour offrir de meilleurs services psychologiques.

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Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat

« Il y a quelques jours, une mère éplorée m’a appelé pour me dire que son fils avait tenté de se suicider. Il était à l’hôpital entre la vie et la mort, et [les membres du personnel soignant] ne savaient pas s’ils pourraient sauver son foie parce qu’il avait pris des substances », raconte Konrad Sioui.

« Et c’était samedi, la Journée mondiale de la santé mentale. On vient de vivre les évènements de Joyce [Echaquan] aussi… Ça fait beaucoup. »