Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) demande l’aide de la population pour retrouver une aidante à domicile qui a été accusée d’avoir abusé de personnes âgées et qui est ensuite disparue dans la nature. Les enquêteurs croient qu’elle pourrait toujours travailler clandestinement auprès de personnes vulnérables.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Dolly Boodlal, 65 ans, avait d’abord été arrêtée pour avoir détroussé la mère du juge de la Cour du Québec Manlio Del Negro, dont elle devait s’occuper à titre d’aide à domicile, en 2014 et 2015, selon les dossiers de la cour.

Mme Boodlal devait résider chez la septuagénaire, qui était en perte d’autonomie à la suite d’un accident vasculaire cérébral, et l’aider dans toutes ses tâches du quotidien en plus de lui apporter les soins appropriés. Elle avait été recommandée par une firme spécialisée.

À la suite d’une plainte de la famille, les enquêteurs de la section des crimes économiques du SPVM ont toutefois découvert que Dolly Boodlal aurait utilisé le chéquier de la dame pour se faire des chèques à elle-même en imitant la signature de sa victime. Elle aurait aussi utilisé sa carte de crédit pour une foule de dépenses personnelles. La valeur totale de la fraude est estimée à 63 000 $.

Avant même la tenue de son procès, elle a été arrêtée de nouveau pour voies de fait armées contre un homme âgé de Saint-Laurent dont elle s’occupait en 2018. Dans l’attente de ce nouveau procès, elle a dû s’engager à subir une évaluation psychiatrique et à ne plus occuper d’emplois qui la conduiraient à prodiguer des soins à quiconque. Elle ne devait pas non plus faire de bénévolat impliquant des soins.

Mais en 2019, les enquêteurs ont découvert qu’elle avait violé ses conditions en travaillant de nouveau auprès de personnes âgées. De nouvelles accusations ont été portées, mais Mme Boodlal a réussi à disparaître et ne s’est plus présentée à la cour.

Son ancien conjoint, qui résidait avec elle à Morin-Heights, a déclaré à un huissier qu’elle avait quitté leur domicile au cours de l’année 2019 et qu’il ignorait où elle se trouvait, selon des documents judiciaires déposés au palais de justice de Montréal. Vu ses antécédents et son historique d’emploi, les enquêteurs ont des raisons de croire que la fuyarde pourrait avoir fait d’autres victimes depuis.

« Il est possible que la suspecte œuvre toujours auprès de personnes vulnérables, qui pourraient être des victimes potentielles », écrit le SPVM dans un communiqué diffusé jeudi. Les policiers demandent à quiconque dispose d’informations à son sujet de composer le 911 ou de contacter le service Info-Crime.