Un mois après la « disparition » de Josiane Arguin, Simon Brind’Amour a tout avoué à la mère de ses enfants : le meurtre violent de sa copine avec un bâton de baseball, la scène nettoyée à la « Dexter », le transport du corps dans l’autobus et ses mensonges aux policiers.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« J’ai réalisé qu’il avait tué sa copine. J’avais la tête qui tournait. Je ne savais pas quoi faire », a témoigné mercredi Sandra Cormier au procès pour meurtre au second degré et outrage à un cadavre de son ex-conjoint de 38 ans. Témoin-clé de la poursuite, Mme Cormier a été en couple pendant 13 ans avec l’accusé.

La confession s’amorce par un texto de Simon Brind’Amour, le 10 octobre 2018, alors que Josiane Arguin est recherchée depuis des semaines par les policiers et sa famille. L’accusé confie alors à son ex avoir commis « LA connerie », mais que son geste n’était « pas planifié ». Il ajoute s’être « acheté du temps » en « contant de la marde » aux policiers.

« J’en reviens pas d’avoir scrappé ma vie à ce point-là. Une belle connerie qui va me coûter cher », écrit Simon Brind’Amour, qui évoque à plusieurs reprises une énigmatique « clique de Québec » dans ses textos.

Simon Brind’Amour poursuit sa confession au téléphone. « Nerveux » et « décousu », il répète à son ex que le meurtre n’était pas « planifié » et qu’il a dû « déplacer le corps ». Sous le choc, Sandra Cormier informe rapidement les forces de l’ordre, tout en rassurant Brind’Amour dans l’espoir qu’il se livre aux policiers.

Sandra Cormier va ensuite jusqu’à se rendre au domicile de son ex-conjoint pour lui parler. « Il est cerné, blanc. Il est agité. Il ne semble pas être normal. Il ne semble pas être à jeun », explique-t-elle au jury.

C’est à moment que Simon Brind’Amour lui décrit le meurtre sordide de Josiane Arguin, survenu un samedi matin à la suite d’une chicane pour « de l’argent ». Selon son récit, Josiane serait sortie dans la cour arrière en criant : « Je suis battue » et aurait tenté de grimper dans la haie.

« Il dit qu’il a commencé à la frapper avec la baguette de pool dans la cour et qu’il l’a traînée en dedans pour la finir à coups de bat de baseball. […] Il dit à Josiane : « Crisse, tu scrapperas plus la vie de personne », raconte-t-elle au jury.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Josiane Arguin

Dans l’autobus avec le corps

Simon Brind’Amour aurait laissé le corps de Josiane pendant trois jours dans leur chambre à l’air conditionné. Il aurait ensuite lavé la dépouille avant de l’envelopper dans du papier plastique. « Il a dit qu’il avait fait comme Dexter, qu’il avait nettoyé comme lui », a témoigné Sandra Cormier, en faisant allusion au personnage fictif.

« Il m’a dit qu’après huit jours, il s’est débarrassé du corps dans un sac de hockey. La baguette de pool, il l’a jetée en avant d’une cour dans les poubelles et le bâton de baseball dans un camion de gens qui recyclent des métaux », a poursuivi Sandra Cormier.

Simon Brind’amour aurait finalement transporté la dépouille dans un autobus pour s’en débarrasser quelque part. « Il ne comprenait pas pourquoi personne ne se rendait compte qu’il se promenait avec un cadavre de huit jours dans l’autobus », relate-t-elle.

Selon Sandra Cormier, Simon Brind’Amour avait l’intention d’organiser un « barbecue » avec toute sa famille pour « avouer son crime ». L’accusé voulait expliquer à ses proches « que des fois, un cerveau humain, ça craque, qu’on peut faire des niaiseries. », témoigne-t-elle. Le barbecue n’a toutefois jamais eu lieu.

Sandra Cormier se rend à nouveau au poste de police pour faire une déclaration. Or, elle ne donne pas tous les détails aux policiers dans « l’espoir » que Simon Brind’Amour se livre. Mais quelques jours plus tard, lorsqu’elle apprend que son ex n’a pas l’intention de se rendre, elle décide de tout raconter aux policiers.

Cette confession de Simon Brind’Amour ressemble énormément à ses aveux réalisés lors de son arrestation, le 1er novembre 2018. L’accusé avait alors avoué à un enquêteur avoir tué Josiane Arguin et s’être débarrassé du corps près de l’autoroute Métropolitaine.

Le contre-interrogatoire de Sandra Cormier se poursuit jeudi devant la juge Hélène di Salvo.