Neuf personnes ont été happées mercredi après-midi par un automobiliste, lors de deux collisions successives survenues dans l’arrondissement de Montréal-Nord. Un important périmètre policier a été érigé dans le secteur et une enquête a été ouverte.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Les premiers appels ont été logés au 911 un peu avant 13 h. Le conducteur, un homme de 38 ans, aurait d’abord heurté un premier piéton à l’angle du boulevard Langelier et de la rue de Dijon, après un virage.

« Il aurait ensuite quitté les lieux précipitamment, et continué à circuler sans nécessairement aller à haute vitesse. À la hauteur de l’avenue Valade, il aurait heurté huit autres personnes. On parle de six adultes et deux enfants, qui se trouvaient déjà sur le trottoir », explique le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Emmanuel Couture.

Au total, neuf personnes ont donc été heurtées. Le pare-brise de la voiture, de marque Chevrolet, était visiblement amoché, tout comme le rétroviseur gauche, qui semble avoir été brisé.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Plusieurs enquêteurs en collision ont été déployés sur les lieux afin d’effectuer l’analyse de la scène.

Plusieurs personnes ont été transportées dans des centres hospitaliers à proximité. D’après M. Couture, aucune personne ne serait toutefois en danger de mort. « Pour nous, c’est un soulagement. On parle tout de même de plusieurs blessures, certaines légères, d’autres plus graves », indique-t-il.

Un premier répondant témoigne

Dany Gadbois arrivait sur son quart de travail, au dépanneur Normandie Dijon, lorsqu’il a aperçu une femme au sol, en détresse. La deuxième collision venait de se produire. Il dit lui avoir immédiatement porté secours, en attendant l’arrivée des policiers.

« Elle était vraiment en mauvais état. Sa tête était ensanglantée, elle perdait beaucoup de force. Son fils, qui était dans une poussette, était en état de choc », raconte-t-il. Selon M. Gadbois, dont des collègues ont aperçu l’incident en direct, le conducteur aurait littéralement « foncé sur le monde » qui attendait devant un local de la Société Saint-Vincent-de-Paul.

« Juste après l'impact, quand moi je suis arrivé, il y avait tout un attroupement autour. C’était la panique. Les gens filmaient la scène avec leur téléphone. Ça n’avait pas de bon sens », a aussi commenté l’ancien militaire de formation.

Le suspect était « confus »

Le suspect, lui, a été arrêté. Il rencontrera les enquêteurs au courant des prochaines heures, si son état de santé le permet. Le SPVM tentera notamment de déterminer son état d’esprit au moment des faits.

« On ne parle pas pour l’instant d’un geste délibéré ou volontaire, mais on va chercher à savoir s’il était en contact avec la réalité, s’il était en état de crise, s’il savait ce qu’il faisait », affirme le relationniste. À ses dires, l’homme d’une trentaine d’années semblait pour le moins « confus » au moment de son arrestation. Il a subi une évaluation en santé mentale.

Rien ne laisse croire aux policiers, jusqu’ici, que l’alcool ou la drogue serait en cause dans cet incident. Au passage de La Presse, mercredi, des dizaines d’agents étaient sur les lieux afin de sécuriser la scène. La rue de Dijon a été fermée entre les boulevards Langelier et Rolland, avant d’être rouverte en fin de soirée. Des citoyens étaient rassemblés autour des lignes policières, tous curieux de savoir ce qui s’était passé.

Pour faire la lumière sur cette affaire, les enquêteurs rencontreront des témoins qui pourraient avoir aperçu la scène depuis leur domicile, mais aussi les membres de la famille du suspect. Ils vérifieront également si des caméras vidéo ont pu filmer la scène. Une vérification mécanique du véhicule sera finalement effectuée. « Il y a encore un gros travail d’enquête à faire », illustre Emmanuel Couture.