Alors que le prix de la cocaïne atteint des sommets à Montréal, La Presse a appris que la Sûreté du Québec a intercepté une livraison de poudre blanche cachée dans de fausses bonbonnes de propane, dont la valeur est estimée à près de six millions de dollars.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Deux sources policières affirment que le chargement intercepté totalise 77 kg de cocaïne, arrivée des États-Unis par camion. La drogue était dissimulée dans de fausses bonbonnes cylindriques de gaz propane, qu’il a fallu découper avec une meuleuse électrique.

Personne n’a été arrêté pour le moment, mais les enquêteurs soupçonnent que l’importateur de la cargaison serait lié aux Hells Angels. C’est une information reçue du public qui aurait mené à la saisie, aux environs du 17 juillet. L’enquête est menée par l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENERCO).

Le service des communications de la Sûreté du Québec est toutefois avare de commentaires. « Une enquête est en cours, tout ce que je peux dire c’est que si des gens ont des informations à nous communiquer, ils peuvent contacter la Centrale de renseignement criminel », affirme l’inspecteur Richard Gauthier.

Hausse marquée des prix

La saisie survient alors que le prix du kilo de cocaïne au Québec a grimpé en flèche depuis l’an dernier, particulièrement depuis le début de la pandémie.

Selon nos sources, il était encore possible d’acheter un kilo de cocaïne pour 50 000 à 55 000 $ au début de l’hiver dernier à Montréal, mais ces jours-ci, le prix tourne autour de 75 000 $. Certaines transactions se seraient même conclues à 80 000 $ ou même 85 000 $. Même le prix de vente au gramme dans la rue, beaucoup moins volatil que le prix au kilo, aurait augmenté dans certains cas.

Si l’on fixe le prix à 75 000 $ le kilo aux fins du calcul, la cargaison saisie par la police la semaine dernière aurait une valeur estimée de 5,8 millions.

La hausse des prix est attribuée à une certaine rareté du produit, conséquence de la pandémie, mais aussi à un calcul délibéré de la part de certains grossistes qui font de la gestion de l’offre et « retiennent » une partie de leurs stocks pour maintenir le prix élevé.

Pas seulement au Québec

La hausse du prix de la cocaïne n’est pas un phénomène propre au Québec en cette période de pandémie. L’Office des Nations unies contre les drogues et le crime soulignait dans un rapport publié en mai qu’une pénurie accompagnée d’une hausse de prix marquée avait été observée au Brésil dans la foulée des mesures sanitaires anti-COVID-19.

En juin, le quotidien Washington Post citait des responsables fédéraux antidrogue selon lesquels le prix avait presque doublé dans certaines régions des États-Unis pendant la pandémie. Les villes de Miami, Atlanta, New York et San Francisco étaient notamment citées.