Le rappeur Tommy Agnant-Perreault n’a pas perdu de temps pour récidiver en sortant de prison l’an dernier. Dès son premier jour de liberté, le proxénète a emménagé dans l’appartement de son ancienne victime, restée sous son emprise, et l’a de nouveau exploitée. Le jeune Longueuillois vient d’être condamné à 30 mois de détention.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« I’m back [Je suis de retour] », chantait le rappeur amateur sous le nom d’artiste T. A.P Theflye en juillet 2019. Dans la vidéo vue à presque 50 000 reprises, une jeune femme remet au proxénète une épaisse liasse de billets à sa sortie d’une prison montréalaise. Il exhibe ensuite à la caméra son magot et ses bijoux bling-bling à maintes reprises.

Condamné à deux ans de prison en janvier 2019, Tommy Agnant-Perreault a continué de profiter de sa victime entre juin et septembre 2019 à Longueuil, même si ses conditions de remise en liberté ne lui permettaient pas de lui parler. Preuve de son emprise sur la victime, celle-ci a continué de lui envoyer de l’argent, même pendant sa détention.

Malgré tout, la victime lui devait « un an et demi de salaire », selon lui, soit le temps passé en détention « à cause d’elle », indique le résumé des faits présenté en cour lors de la reconnaissance de culpabilité de l’accusé. « C’est moi qui gère les choses, c’est mon argent », a écrit Tommy Agnant-Perreault dans un texto incriminant.

La victime devait ainsi remettre au proxénète tous les revenus de son travail d’escorte. Une situation qui ne faisait pas l’affaire de la victime. « Pas normal que tu puisses te permettre une radio à 1 k [1000 $] et que moi, [j’ai du mal] pour avoir les cheveux propres et aller chez la coiffeuse [50 $]. C’est quand même [mes parties sexuelles] qu’on utilise », a-t-elle écrit par message texte à l’accusé.

La victime a finalement porté plainte de nouveau contre son proxénète le 10 septembre dernier. Alors qu’elle se trouvait avec les policiers, l’accusé lui a envoyé un message de menace contre sa mère. Plusieurs messages incriminants ont ainsi été récupérés par les policiers.

L’homme de 22 ans a plaidé coupable en janvier dernier à trois chefs d’accusation : proxénétisme, avoir bénéficié d’un avantage matériel provenant de la prestation de services sexuels et menaces envers la victime et sa famille. Il a cependant été acquitté du chef, plus grave, de traite de personnes. Il s’agit déjà de sa troisième infraction en semblable matière.

Mardi, au palais de justice de Longueuil, le juge Marc Bisson a entériné la suggestion commune de l’avocate de la défense, MClara Daviault (pour Me Élizabeth Ménard), et de la procureure de la Couronne, MMarie-Josée Thériault, en imposant à l’accusé une peine de 30 mois d’emprisonnement. Dans les faits, il lui reste environ 23 mois et demi à purger en tenant compte de la détention préventive.