Un Montréalais qui ciblait de jeunes gardiennes sur l’internet a été condamné ce printemps à une peine relativement clémente en raison de son statut d’immigration. Sans statut légal au pays, Juan Manuel Cano Mendez est assuré d’être expulsé en Espagne dès sa sortie de prison dans les prochaines semaines, ont fait valoir les avocats.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 52 ans faisait face à une vingtaine de chefs d’accusation de leurre informatique de mineurs, d’obtention de services sexuels moyennant rétribution et de proxénétisme pour des faits survenus entre 2014 et 2019 à Montréal. Juan Manuel Cano Mendez était soupçonné d’avoir contacté une dizaine d’adolescentes de 14 à 17 ans sur des sites d’annonces en ligne pour obtenir des services sexuels.

Le résidant du quartier Notre-Dame-de-Grâce a finalement plaidé coupable à deux chefs d’accusation en avril dernier pour avoir sollicité une personne à avoir des rapports sexuels illicites avec une autre personne et pour avoir communiqué avec des personnes en vue d’obtenir les services sexuels d’une personne âgée de moins de 18 ans moyennant rétribution.

« M. Cano répondait à des annonces de gardiennage sur Kijiji, alors que de jeunes filles mineures mettaient des annonces offrant leurs services comme gardienne. M. Cano répondait par courriel à ces jeunes filles en leur proposant une rétribution pour obtenir des relations sexuelles », a résumé à la cour l’avocat de la défense, MClaude Rouleau.

Par contre, M. Cano n’insistait pas lorsque les jeunes filles refusaient ses avances. « Ça s’arrêtait là. Il n’y avait pas de menaces, il n’y avait pas de deuxième courriel. Ça s’arrêtait », a affirmé MRouleau, le 29 avril dernier au palais de justice de Montréal.

« Vraiment désolé »

En mars 2019, un policier s’est fait passer pour une jeune gardienne sur l’internet et a donné rendez-vous à l’accusé dans un restaurant McDonald’s. C’est là que Juan Manuel Cano Mendez a été arrêté. Il était détenu depuis.

« Je suis vraiment désolé de ce que j’ai fait », a-t-il déclaré à la cour.

MRouleau et la procureure de la Couronne, MSylvie Lemieux, ont présenté une suggestion commune « particulière » à la suite de sa reconnaissance de culpabilité, soit une peine de deux ans moins un jour, dont il ne restait que trois mois à purger en raison de la détention préventive.

« On va vous justifier pourquoi. C’est beaucoup lié au statut d’immigration de Monsieur. […] La particularité est que M. Cano n’a aucun statut au Canada, il était ici comme visiteur, alors que sa conjointe a un statut ici », a expliqué MRouleau à la juge Silvie Kovacevich.

Selon un avocat expert en immigration consulté par la défense, dès que M. Cano va terminer de purger sa peine, il sera pris en charge par les services d’immigration. Comme son ex-conjointe refuse de le reprendre, il n’y a aucune possibilité de le remettre en liberté avant de le renvoyer en Espagne.

« Il va être repris par l’Immigration. Il va collaborer, il veut retourner en Espagne. Toute sa famille est là, y compris ses parents », a fait valoir MRouleau.

La juge Kovacevich a entériné la suggestion commune des avocats, mais a toutefois fait part de son désaccord quant au fait de compter en double le temps passé en détention préventive par l’accusé pendant la pandémie. Son avocat avait fait valoir qu’il ne pouvait sortir de sa cellule que trois heures et demie par jour à la prison de Bordeaux en avril dernier.