Mis en veilleuse en raison de la pandémie, le procès d’Éric Salvail devrait finalement se conclure l’automne prochain. D’ici là, la Couronne va tenter de convaincre le juge de la pertinence d’appeler à la barre de nouveaux témoins pour démontrer la culpabilité du célèbre animateur.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 50 ans n’était pas présent ce matin au palais de justice de Montréal pour fixer le nouveau calendrier du procès. Le prochain rendez-vous dans cette affaire est prévu le 13 juillet avec l’audition de la requête de la poursuite pour présenter une contre-preuve, a indiqué à La Presse la procureure de la Couronne.

Si le juge Alexandre Dalmau accepte la demande de la poursuite, les nouveaux témoins seront entendus dans la semaine du 9 novembre prochain. Le procès se conclura ensuite le 13 novembre avec les plaidoiries des avocats. Avant la crise sanitaire, le procès devait se conclure à la fin du mois d’avril.

Rappelons que le procès très médiatisé d’Éric Salvail s’est déroulé en février dernier au palais de justice de Montréal. La Couronne et la défense ont fait entendre leurs témoins. Sauf qu’à la fin de la présentation de la défense, la procureure MAmélie Rivard a annoncé au juge son intention de présenter une contre-preuve en raison des nouveaux éléments soulevés par la défense.

Si le juge autorise la contre-preuve, la Couronne devra cependant s’en tenir à ces nouveaux éléments, puisqu’elle a déjà eu la chance de présenter sa preuve. « Je pourrais avoir 3-4 témoins », avait indiqué MRivard l’hiver dernier.

L’ex-animateur d’En mode Salvail et des Recettes pompettes est accusé d’agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration à l’endroit de Donald Duguay.

Le plaignant a raconté au procès avoir vécu « l’été du harcèlement » en 1993, alors qu’il était employé au service du courrier de Radio-Canada où travaillait Éric Salvail. Il s’est senti « traqué comme un animal » et avoir eu « excessivement peur [d’une] agression sexuelle » pendant cette période.

M. Duguay soutient qu’Éric Salvail lui a montré son « pénis en érection », l’a touché régulièrement et lui a fait de nombreux commentaires désobligeants. Les évènements ont culminé le 29 octobre 1993 dans une salle de toilette du sous-sol de Radio-Canada où Éric Salvail l’aurait agressé sexuellement, selon le plaignant.

L’accusé a nié catégoriquement avoir harcelé, séquestré ou agressé sexuellement Donald Duguay, allant jusqu’à qualifier de « farfelu » cet incident de la salle de toilette. À la barre des témoins, l’animateur déchu a maintenu qu’il ne travaillait plus à Radio-Canada en octobre 1993.

-Avec Véronique Lauzon