Dany Cadet Sprinces, bras-droit du chef de gang Gregory Woolley et ancien chef du défunt gang des Syndicates, a échoué la semaine dernière dans sa tentative d’obtenir sa libération conditionnelle.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Cadet Sprinces, 49 ans, purge une peine de huit ans de pénitencier pour gangstérisme, complot et trafic de cocaïne, à la suite de son arrestation en novembre 2015 dans l’enquête Magot-Mastiff, à l’issue de laquelle la Sûreté du Québec a démantelé une alliance mafia-motards-gang qui dirigeait le crime organisé montréalais.

Selon la preuve, Cadet Sprinces était l’un des chefs d’un gang appelé les Bronzés qui contrôlait un territoire de trafic de stupéfiants à Montréal et auquel un chef de réseau devenu témoin collaborateur pour la police, Patrick Corbeil, a vendu 90 kilogrammes de cocaïne durant l’enquête.

Les autorités considèrent Cadet Sprinces comme une relation des Hells Angels.

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Photo de Dany Cadet Sprinces tirée d’une vidéo filmée par les fileurs de la police durant l’enquête Magot-Mastiff.

Son équipe de gestion de cas évalue que les risques de récidive sont élevés à moyen long terme, et s’opposait à sa semi-liberté en maison de transition ou à sa libération conditionnelle totale.

Son agent correctionnel a également soutenu que le comportement de Cadet Sprinces au pénitencier est conformiste, mais en surface seulement ; ce dernier serait un sujet d’intérêt en établissement relativement à l’introduction de produits de contrebande, ce qu’il nie toutefois.

« Il est rapporté que les informations colligées à votre dossier demeurent préoccupantes, essentiellement en raison du maintien de vos associations avec les GMS (groupes menaçant la sécurité) en établissement, ayant été aperçu, à maintes reprises, à prendre part à des soupers communautaires en compagnie de codétenus influents et liés aux Hells Angels. Vous êtes également connu comme un détenu influent qui gère/contrôle certaines situations/conflits impliquant des codétenus. À cet effet, en septembre 2019, alors qu’un détenu avait été victime d’une correction physique en lien avec la magouille institutionnelle, la situation serait rentrée dans l’ordre après qu’il se soit entretenu avec vous. Vous avez démontré que vous adhériez encore à la “loi du milieu”, demeurant très avare d’informations sur vos fréquentations et votre implication dans les activités illicites », écrivent les commissaires aux libérations conditionnelles dans leur décision de huit pages.

Durant l’audience, pour sa défense, Cadet Sprinces a dit qu’il a demandé d’être envoyé dans des secteurs où il n’y avait pas d’individus liés au crime organisé mais que cela lui a été refusé, et que par conséquent, il est difficile pour lui d’éviter ce genre de fréquentations en établissement.

Les commissaires notent par ailleurs que l’un de ses principaux complices est le parrain de sa fille.

Pour toutes ses raisons, et parce que Cadet Sprinces n’a pas beaucoup cheminé depuis le début de son incarcération, les commissaires ont refusé de le libérer.

Ils lui imposent toutefois des conditions en vue de sa libération d’office, aux deux tiers de sa peine, prévue l’automne prochain.

Ainsi, Cadet Sprinces ne pourra fréquenter toute personne ayant des antécédents criminels ou étant liée à une organisation criminelle. Il devra respecter un couvre-feu entre 21 h et 6 h, sauf pour un travail légitime. Enfin, il devra divulguer toutes ses transactions financières à ses surveillants.

Il y a un peu plus de deux semaines, les commissaires ont également refusé à Gregory Woolley de lui accorder sa libération conditionnelle et lui ont imposé des conditions en prévision de sa libération d’office l’automne prochain.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca.