Keven Brown a fait vivre un cauchemar sans nom à sa belle-fille en l’agressant sexuellement de deux à trois fois par semaine pendant sept ans à Montréal. Condamné à huit ans de pénitencier en 2018, le pédophile devra finalement purger sa peine pour ses crimes odieux, puisque la Cour d’appel a rejeté mardi l’essentiel de son appel.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

La victime de Keven Brown a enduré un véritable calvaire de 1997 à 2004. Le camionneur de 45 ans commence à agresser sexuellement la fillette de façon régulière, alors qu’elle n’a que six ans. La gravité des gestes sexuels ne cesse d’empirer au fil des années et entraîne souvent des blessures à l’enfant. Les agressions se multiplient, autant à la maison, dans la voiture, et même dans un lac.

Terrorisée, la fillette n’ose pas le dénoncer, puisque son bourreau menace de tuer toute sa famille, si elle se confie à quiconque. Au début de l’adolescence, la victime a très peur de devenir enceinte, comme son agresseur ne porte jamais de condom. Les agressions se déroulent pendant des années, surtout lorsque la mère de la victime est au travail.

Des crimes particulièrement odieux commis dans un « climat de contrôle et de peur », a conclu le juge Daniel Bédard, il y a deux ans, en condamnant Keven Brown à huit ans de pénitencier. Il avait été reconnu coupable d’agression sexuelle causant des blessures, de contacts sexuels, d’incitation à des contacts sexuels, de menaces et de relations sexuelles anales. Le juge de la Cour du Québec avait alors cité une quinzaine de facteurs aggravants dans cette affaire.

Le procureur de la Couronne, MPhilippe Vallières-Roland, demandait pourtant une sévère peine de 12 ans de détention en raison de la présence d’infractions distinctes et du changement d’attitude de la société envers les crimes sexuels sur les enfants. Le juge n’avait toutefois pas adhéré à la thèse de la Couronne concernant le changement de perception dans la société.

« L’augmentation de la conscience au sujet des crimes sexuels commis sur des enfants et leur impact sur leur développement, leur sécurité et leur intégrité ne signifient pas que la société requiert une approche plus punitive que celle déjà intégrée dans la fourchette de peines », avait conclu le juge Bédard.

Les avocats de la défense, MCharles B. Côté et MGabriel Babineau, ont toutefois échoué à infirmer la décision du juge de première instance. La défense plaidait que le juge avait erré en concluant qu’il y avait une preuve démontrant hors de tout doute raisonnable la culpabilité de l’accusé et en excluant de son analyse des éléments favorables à la défense.

La Cour d’appel du Québec a rejeté mardi leur appel sur tous les chefs d’accusation, à l’exception du chef de relations sexuelles anales. Comme cet article a déjà été jugé inconstitutionnel, Keven Brown a été acquitté de ce chef, ce qui ne change toutefois rien à sa peine. Notons que la défense n’avait pas fait appel de la peine.

Libéré pendant les procédures d’appel, Keven Brown doit donc se rendre aux autorités d’ici lundi prochain pour purger sa peine d’emprisonnement, ont ordonné les juges François Doyon, Patrick Healy et Benoît Moore. Il résidait en Ontario pendant les procédures judiciaires.