Un criminel ultra-violent condamné à six ans de détention pour une agression d’une extrême violence contre un couple dans un dépanneur en 2016 devra passer encore plusieurs mois derrière les barreaux. Jason Martin a pris la poudre d’escampette pendant deux mois pour passer Noël en « communauté », alors qu’il était en liberté conditionnelle.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Malgré votre volonté de ne pas récidiver, la Commission ne peut ignorer votre historique criminel, la violence de vos délits, votre dangerosité sociale et votre risque de récidive violente et générale », a conclu la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), en révoquant la semi-liberté de l’homme de 39 ans, il y a deux semaines.

Jason Martin s’en est pris à deux honnêtes commerçants, le 22 avril 2016, dans un dépanneur de l’arrondissement du Sud-Ouest. Le criminel a agrippé la caissière de 58 ans avec ses mains, lui a asséné de violents coups de poing au visage, puis lui a enfoncé la tête dans le mur. Il a ensuite continué de la frapper au visage à de nombreuses reprises, alors qu’elle se défendait avec les pieds.

Alerté par les cris, son mari a alors confronté le voleur avec un tabouret de bois. C’est alors que Jason Martin lui a arraché l’objet des mains et l’a utilisé pour le frapper à la tête. L’homme a finalement réussi à monter sur le comptoir en tenant le tabouret de façon menaçante. Jason Martin est finalement parti en volant deux bouteilles de vin. Il a été arrêté deux mois plus tard.

Condamné à trois ans et neuf mois de pénitencier en octobre 2017 – en soustrayant le temps passé en détention préventive – Jason Martin a obtenu sa semi-liberté deux ans plus tard. En vertu de cette libération, le délinquant devait rentrer chaque soir dans une maison de transition et ne pas consommer de drogue.

Sauf qu’en novembre 2019, après avoir échoué à un test de drogue (THC et cocaïne), Jason est disparu dans la brume. Il a finalement été arrêté le 23 janvier 2020 au terme de deux mois de liberté illégale. Il a déclaré aux commissaires avoir « paniqué ». Jason Martin préférait alors « demeurer en communauté » pendant la période des Fêtes, même s’il savait que sa décision allait aggraver sa situation.

Les commissaires relèvent son manque de transparence, son bris de condition et sa longue liberté illégale dans leur décision. Le délinquant en est également à sa deuxième peine fédérale pour des crimes violents. « La Commission souligne que votre dangerosité sociale a été évaluée à élevé et que vous avez occasionné des dommages graves à quatre victimes au fil du temps », indique-t-on.

Malgré tout, son potentiel de réinsertion sociale demeure évalué à « modéré », selon la Commission. Jason Martin pourra tenter à nouveau d’obtenir sa semi-liberté en octobre 2020. Sa libération d’office est prévue en février 2021.