La poursuite demande une peine d’emprisonnement de huit mois avec sursis, à purger dans la collectivité, pour le policier Marc-Olivier Perron de la police de Longueuil reconnu coupable par un jury d’abus de confiance par un fonctionnaire, à l’issue de son procès en décembre dernier.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

De son côté, la défense demande l’absolution conditionnelle, assortie d’une période de probation au cours de laquelle Perron devra respecter des conditions usuelles.

L’honorable Myriam Lachance de la Cour supérieure devait entendre les représentations des deux parties ce matin pour éventuellement trancher, mais les choses ont tourné autrement, à la grande insatisfaction de la juge.

Hier, la défense, assurée par Me Ariane Bergeron-St-Onge, a demandé une remise à la magistrate, affirmant qu’elle n’était pas prête à procéder parce qu’elle avait reçu à la dernière minute des déclarations de victimes rédigées par deux des anciens collègues de Perron qui se sont fait subtiliser des données informatiques par ce dernier.

Cette demande, et les explications de l’avocate, ont fait bondir la juge, qui s’est alors tournée vers la procureure au dossier, Me Geneviève Beaudin.

« C’est un dossier qui date de 2016. Cela fait trois mois que la date d’aujourd’hui est fixée. Ce que vous me dites me préoccupe beaucoup », a d’abord dit la juge en maugréant.

Me Beaudin a expliqué avoir eu des problèmes de santé, avoir été débordée avec un autre dossier et avoir agi dans les règles de l’art concernant les demandes de déclaration d’impact faites aux anciens collègues de Perron.

« Vos communications [entre la poursuite et la défense] ne m’importent pas. Ce que je ne m’explique pas, c’est qu’on devait avoir aujourd’hui une journée complète. Que cela fait trois mois que c’est fixé. Je suis assommée de voir ça », a lancé la juge, reconnue habituellement pour sa bonne humeur.

« Moi, je suis abasourdie qu’on me reproche ça », a répliqué du tac au tac Me Beaudin.

Les choses se sont calmées par la suite.

Un lien d’emploi diffus

Fait à noter, Perron a toujours un lien d’emploi diffus avec le Service de police de l’agglomération de Longueuil. Toutefois, il ne travaille actuellement pas pour le SPAL.

Le conseil municipal doit rendre une décision sur son sort, après avoir étudié son dossier dans une autre affaire d’usage négligent d’une arme à feu dont il a été reconnu coupable en 2016.

La juge Lachance s’est dite très consciente de l’impact que pourrait avoir sa décision dans ce dossier d’abus de confiance sur son lien d’emploi avec le SPAL et a accepté de reporter les observations sur la peine au premier mai prochain.

« Nous devrions d’ici là avoir la décision du conseil municipal dans l’autre dossier », a-t-elle dit, vraisemblablement en touchant le bois de sa table puisque personne ne sait quand exactement la ville décidera du sort de son policier.

Rappelons que le soir du 17 mars 2016, Marc-Olivier Perron s’est rendu dans les locaux du Bureau d’analyse des renseignements criminels (BARC), où il était affecté à des tâches administratives, et a téléchargé sans autorisation 2400 fichiers « sensibles » sur l’ordinateur de la responsable du contrôle des informateurs du Service de police de l’agglomération de Longueuil. Celle-ci pourrait d’ailleurs témoigner lors des observations sur la peine.

Durant sa défense, Perron a témoigné que son patron immédiat lui avait demandé de tester les mesures et les systèmes de sécurité en place au BARC.

Les informations dérobées ont été retrouvées chez Perron, mais il n’a pas été démontré durant le procès qu’il les aurait fournies à d’autres personnes.

Perron a été acquitté d’un chef d’utilisation frauduleuse d’un ordinateur, mais a été reconnu coupable d’abus de confiance.

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