Le prédateur sexuel Robert Laramée inquiète la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). L’ancien suspect du meurtre de la petite Jolène Riendeau a recommencé l’automne dernier à harceler une agente de libération conditionnelle. Sadique et psychopathe, il demeure toujours à haut risque de récidive violente envers les femmes.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Les comportements harcelants que vous avez manifestés sont hautement répréhensibles et s’apparentent à votre dynamique criminelle », soutient la CLCC dans une récente décision. C’est pourquoi la Commission a décidé d’assigner Robert Laramée dans un centre correctionnel communautaire pour une année, une mesure déjà imposée à plusieurs reprises.

Le délinquant à contrôler fait l’objet d’une ordonnance de surveillance de longue durée de 10 ans depuis qu’il a terminé de purger une peine de pénitencier pour voies de fait et séquestration à l’endroit de deux ex-conjointes en 2016. Il aurait notamment étranglé sa victime pendant une relation sexuelle forcée. À une autre occasion, il aurait mis un couteau sur la gorge de sa victime pendant l’acte sexuel.

À sa sortie de prison, le Montréalais était « complètement obnubilé » par son agente de libération conditionnelle. Il surveillait ses faits et gestes pendant la journée et pouvait l’appeler plusieurs fois par jour, ce qui a mené à la suspension de sa libération conditionnelle. L’automne dernier, lorsque son assignation à résidence a été retirée, il a recommencé à la harceler.

« Il est clair que les comportements harcelants à l’endroit de votre ancienne agente de libération conditionnelle rappellent votre cycle délictuel. Vous demeurez un individu instable et les évaluations des professionnels militent en faveur d’un encadrement strict et structuré afin de gérer le risque élevé de récidive violente », explique la Commission.

Vous demeurez un individu instable dont la dangerosité est élevée.

Extrait de la décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada au sujet de Robert Laramée

La Commission évoque dans sa décision les éléments de sadisme « très préoccupants » chez le délinquant, ainsi que son recours à la « prédation » visant particulièrement les femmes vulnérables. Les professionnels qui l’ont évalué « exhortent » d’ailleurs la Commission « à la prudence ».

Robert Laramée devra respecter une condition spéciale supplémentaire. Il lui sera interdit de communiquer de façon répétitive ou d’adopter des comportements harcelants au sens du Code criminel envers les employés du Service correctionnel du Canada, sous peine de dénonciation criminelle. Il lui est toujours interdit de se trouver en présence de filles de moins de 16 ans et de fréquenter des femmes sans informer son surveillant.

Robert Laramée est connu pour avoir été soupçonné par les autorités du meurtre de Jolène Riendeau en 1999 à Montréal. Le corps de la fillette de 10 ans avait été retrouvé 12 ans plus tard sous un pont d’étagement près du pont Champlain. Ancien voisin de la famille au moment de la disparition de l’enfant, Robert Laramée n’a jamais été accusé du meurtre de la fillette. Il a toujours clamé son innocence.